<p>Berne (ats) La Suisse ne peut plus rester à l´écart de la seule plate-forme de débat planétaire que représente l´ONU. Forte de cet avis, la commission de politique extérieure du Conseil national s´est largement prononcée en faveur d´une adhésion.</p>

Par 18 voix contre 4, elle recommande au plénum d´approuver l´initiative populaire pour une entrée de la Suisse aux Nations Unies, a indiqué lundi son président Walter Frey (UDC/ZH) devant la presse. Les refus sont tous venus d´élus UDC, dont les propositions de contre-projets ont été balayées.

L´adhésion de la Suisse à l´ONU s´inscrit dans la continuité de sa politique étrangère, a souligné Remo Gysin (PS/BS). Sa neutralité n´est, selon lui, pas remise en cause: lorsqu´elle décide de sanctions, l´ONU doit être vue comme un juge ou un policier qui poursuit un criminel.

Plate-forme mondiale

Selon le socialiste bâlois, le prix à payer par la Suisse pour être membre à part entière de "la seule plate-forme de discussion entre tous les Etats de monde" est "très bon marché". Pour disposer du droit de vote à l´Assemblée générale des Nations Unies, elle ne devrait s´acquitter chaque année que de 70 millions de francs supplémentaires.

La globalisation mondiale n´est pas qu´économique mais politique, a renchéri John Dupraz (PRD/GE). La Suisse ne peut plus se contenter de son poste d´observateur qu´elle ne partage désormais qu´avec le Vatican.

Par son sens du compromis, du dialogue et de la diplomatie, elle peut apporter beaucoup à l´organisation internationale, a ajouté le radical. Et de souligner l´importance d´une adhésion pour l´avenir de la Genève internationale.

Minorité UDC

Cette vision n´est pas celle de l´UDC. Le devoir de la Suisse n´est pas de faire comme tout le monde mais d´être plus libre, plus indépendant et plus démocratique, a plaidé le Zurichois Christoph Mörgeli, insistant sur le danger que représente à ses yeux une adhésion pour la neutralité. Le peuple y perdrait en pouvoir, a-t-il dit.

La minorité UDC présentera donc ses propositions, rejetées toutes deux en commission par 18 voix contre 4, devant le plénum. La première veut préciser dans la constitution que la Suisse sauvegarde sa neutralité "également face aux organisations internationales et n´adhère donc pas à l´ONU en tant que membre à part entière".

Si ce texte ne passe pas la rampe, M. Mörgeli proposera d´assortir l´adhésion d´une réserve confirmée par les organes de l´ONU avant l´entrée dans cette organisation. Il y serait clairement stipulé que la neutralité armée, permanente et intégrale est sauvegardée et que la Suisse ne peut pas participer à des mesures de contrainte militaire ou économique.

Le Conseil national devrait se prononcer en septembre. Le Conseil des Etats a déjà approuvé l´initiative sur l´adhésion à l´ONU par 37 voix contre 2 lors de la session d´été. Le peuple et les cantons auront le dernier mot, vraisemblablement en mars de l´année prochaine.

sda/ats 13.08.2001