<p>Berne (ats) Le souverain doit rapidement se prononcer sur le principe d´un deuxième tunnel routier au Gothard. Forte de cette opinion, une sous-commission du Conseil national va proposer une modification de la constitution qui pourrait être soumise au vote dès la fin 2002.</p>

Il faut un vote populaire avant d´entamer toute planification, a déclaré mercredi devant la presse Alex Heim (PDC/SO), président de la sous-commission. Par 4 voix contre 1, celle-ci propose d´inscrire dans la constitution le deuxième tunnel routier du Gothard comme exception aux restrictions sur le trafic alpin.

Opposé au percement de cette galerie, Andrea Hämmerle (PS/GR) a lui aussi insisté sur la nécessité d´un scrutin. Avec sa proposition, la sous-commission, en majorité favorable au doublement du tunnel notamment pour des raisons de sécurité, concrétise une initiative parlementaire d´Ulrich Giezendanner (UDC/AG).

Propositions parallèles

Ce texte, exigeant la mise à l´étude immédiate des travaux, avait reçu le feu vert du National en juin 2000 par 93 voix contre 86. Une initiative populaire aux revendications semblables, lancée par les milieux routiers, est en outre sur la table du Conseil fédéral, qui entend lui opposer un contre-projet.

La sous-commission ne craint toutefois pas de collision entre sa proposition et l´initiative "Avanti". Cette dernière demande un tunnel jusqu´à Erstfeld (UR) et pas seulement jusqu´à Göschenen (UR), a expliqué M. Heim. Elle exige en outre que l´autoroute A1 soit portée à six pistes sur les tronçons Genève-Lausanne et Berne-Zurich.

Selon son président, la sous-commission souhaite aller de l´avant. Elle se penchera plus tard sur l´initiative populaire et le contre-projet du gouvernement. Sa proposition sera quant à elle soumise en octobre à la commission des transports du National et le plénum devrait se prononcer en mars.

Soutien des partis bourgeois

Le percement d´un nouveau tunnel routier au Gothard est devisé à quelque 880 millions de francs. Les travaux devraient prendre entre dix et quinze ans, a dit M. Heim, en rappelant qu´un assainissement du tunnel existant sera nécessaire vers 2030. Au fil de l´été, les radicaux et les démocrates-chrétiens, en plus de l´UDC, se sont ralliés à l´idée.

Dans le camp rose-vert, on dénonce par contre une mesure incompatible avec l´initiative des Alpes. Il faut d´abord construire les NLFA et accroître le transfert de la route au rail, a plaidé M. Hämmerle. Selon lui, un deuxième tunnel routier ne résoudra pas les problèmes de trafic mais les aggravera.

sda/ats 22.08.2001