Inspection relative aux circonstances de la nomination de Roland Nef au poste de chef de l’armée : contrôle de suivi

















La Commission de gestion du Conseil national (CdG-N) constate
que le Conseil fédéral a en grande partie mis en œuvre ses recommandations
émises fin 2008 suite à l’affaire Nef. Un potentiel d’amélioration subsiste
toutefois s’agissant des contrôles de sécurité relatifs aux personnes, c’est
pourquoi la CdG-N a adressé cinq nouvelles recommandations au Conseil fédéral
dans son rapport
publié aujourd’hui.



Dans le cadre de son contrôle de suivi de la mise en œuvre des recommandations adressées au Conseil fédéral suite à l’affaire Nef, la CdG-N s’est surtout penchée sur la situation en matière de contrôles de sécurité relatifs aux personnes (CSP).

A cet égard, elle constate que les recommandations contenues dans son rapport du 28 novembre 2008 ont été en grande partie mises en œuvre, notamment suite à plusieurs précisions apportées à la loi fédérale du 21 mars1997 instituant des mesures visant au maintien de la sûreté intérieure (LMSI).

Ainsi, les bases légales prévoient désormais clairement que, lors de nominations par le Conseil fédéral, les CSP doivent être effectués avant la proposition de nomination ou d’attribution de la fonction. La manière dont le Conseil fédéral et les départements procèdent à ce sujet dans la pratique sera examinée dans le cadre de l’enquête en cours sur la procédure de nomination des cadres supérieurs par le Conseil fédéral.

En outre, la CdG-N tire un bilan globalement positif de la création d’un second service spécialisé chargé des CSP, rattaché à la Chancellerie fédérale (ChF). Par rapport au système précédent, dans lequel tous les CSP étaient effectués par le service spécialisé CSP rattaché au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), le nouveau système présente l’avantage de mieux garantir l’indépendance des organes de contrôles vis-à-vis des personnes contrôlées. Il permet en particulier d’éviter qu’un collaborateur doive auditionner les plus hauts cadres de sa propre unité.

Outre la mise en œuvre de ses recommandations de 2008, la CdG-N s’est aussi penchée sur plusieurs autres questions liées aux CSP, telles que la collaboration entre les deux services spécialisés CSP, l’examen externe des activités du service spécialisé chargé des CSP de la ChF mené par un ancien président du Tribunal fédéral sur mandat de la ChF, la situation en matière de CSP des personnes ne disposant pas de la nationalité suisse ainsi que les CSP effectués dans les centres de recrutement de l’armée depuis août 2011.

A l’issue de ses travaux, la CdG-N constate qu’un potentiel d’amélioration subsiste à plusieurs égards dans le domaine des CSP, c’est pourquoi elle a adressé cinq nouvelles recommandations au Conseil fédéral.

Elle demande notamment à ce dernier d’examiner, dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle loi sur la sécurité des informations, l’opportunité de définir dans la loi au sens formel ce qu’est un risque pour la sécurité au sens des CSP, et quel est l’objectif final de ce type de contrôles.

Elle l’invite également à clarifier rapidement la situation des ressortissants étrangers. Depuis de nombreuses années, le DDPS a en effet suivi une pratique consistant à refuser de soumettre ces derniers à des contrôles élargis ou élargis avec audition, les seuls contrôles réalisés étant dès lors des contrôles de base. Pour la CdG-N, cette pratique n’est pas satisfaisante. D’une part, elle ne repose sur aucune base légale formelle ; d’autre part, elle peut conduire à la situation dans laquelle un ressortissant étranger a dans les faits accès à des informations particulièrement sensibles, mais n’est, contrairement à ses collègues suisses, pas soumis à un CSP élargi avec audition.

La CdG-N relève à ce sujet que le DDPS a lui-même reconnu un besoin d’agir en la matière, et que le Conseil fédéral a déjà pris fin janvier 2013 une décision visant à clarifier la situation, tant au niveau de la pratique que des bases légales.

La CdG-N attend la prise de position du Conseil fédéral sur son rapport et les nouvelles recommandations qu’il contient d’ici au 10 juin 2013.

La commission a siégé à Berne le 12 avril 2013, sous la présidence du conseiller national Ruedi Lustenberger (PDC, LU).


Berne, le 15 avril 2013  Services du Parlement