<p>Berne (ats) Supprimer le droit de recours des organisations environnementales pour éviter les abus serait démesuré. Fort de ce constat, la commission des affaires juridiques du National demande au plénum de ne pas donner suite à une initiative parlementaire de Jakob Freund.</p>

La proposition de l´UDC appenzellois a été rejetée par 16 voix contre 6, a indiqué la présidente de la commission Anita Thanei (PS/ZH) lundi devant la presse. La possibilité donnée aux organisations de s´opposer aux projets ne respectant pas les règles de la protection de la nature est un véritable serpent de mer.

Les dix dernières années, plusieurs projets s´attaquant au droit de recours ont échoué devant le National, a rappelé Mme Thanei. La dernière fois, en septembre 2001, la Chambre du peuple du peuple avait parallèlement invité le Conseil fédéral à évaluer les effets des études d´impact sur l´environnement sur la durée des procédures d´autorisation de construire.

Recommandations

L´administration devait également proposer des mesures afin d´éviter les abus. L´Office fédéral de l´environnement (OFEFP) a élaboré une série de 13 recommandations qui devraientt bientôt être mises en consultation, a précisé Mme Thanei. Cette voie est bien plus judicieuse, selon Dorle Vallender (PRD/AR).

Ceci d´autant plus que le droit de recours des organisations ne met pas vraiment en danger les projets de construction, a souligné la présidente de la commission. Selon une étude de l´Université de Genève, moins de 2 % des recours proviennent d´associations. Ceux- ci sont confirmés dans 63 % par le Tribunal fédéral ou le Conseil fédéral, contre 33 % pour les recours émanant de privés.

Les organisations gouvernementales ne peuvent s´opposer qu´à de grands projets. Les intérêts environnementaux sont très bien représentés avec cette procédure cette manière et il n´y aurait pas de moyen plus souple d´agir, selon Mme Thanei. Seule une minorité de la commission partage l´opinion de M. Freund.

Michael Schumacher

Selon l´Appenzellois, les recours retardent, bloquent ou empêchent "à tout moment" de projets de contructions. Le député UDC dénonce un usage de plus en plus abusif de ce droit, "équivalant carrément à un chantage" et à "véritable droit de veto". La surveillance exercée par les cantons et l´Office fédéral du développement territorial devrait suffire à ses yeux.

On ne peut partir d´un cas isolé - le renoncement du pilote de formule 1 Michael Schumacher à s´installer en Appenzell Rhodes- extérieures - pour faire tabula rasa d´un droit, a commenté Mme Vallender, députée du même demi-canton que M. Freund. Le démocrate du centre cite notamment cette affaire pour justifier sa proposition.

Michael Schumacher habite Vufflens-le-Château (VD) depuis 1996. En mai 2002, il a renoncé à un projet de villa à Wolfhalden (AR), contesté par les milieux écologistes. Environ un tiers de la propriété de 17 hectares devait être déclassé de zone agricole en zone à bâtir. Le pilote s´est finalement tourné vers Gland (VD) où il a acquis une propriété située au bord du lac. Il devrait s´y installer une fois les travaux de transformations finis.

sda/ats 17.02.2003