L'initiative populaire "Sauvegarder la neutralité suisse", déposée par Pro Suisse et des membres de l'UDC, veut qualifier la neutralité helvétique de "perpétuelle et armée". Elle exige aussi que la Suisse n'adhère à aucune alliance militaire ou de défense, ni ne prenne de sanctions économiques ou diplomatiques contre un Etat belligérant, sous réserve de ses obligations envers l'ONU.
D'emblée, les Chambres ont catégoriquement rejeté le texte. Personne n'a contesté le fait que la neutralité fait partie de l'identité suisse. Mais elle doit être un instrument de politique extérieure, et non un but en soi. Plusieurs orateurs ont aussi refusé une conception rigide, qui limiterait la marge de manoeuvre de la Suisse alors que l'Europe fait face à des changements géopolitiques.
Recommandation de vote
Toutefois, la Chambre des cantons s'était toujours positionnée en faveur d'un contre-projet direct, sur des votes serrés et grâce aux voix de l'UDC et du Centre. Elle estimait nécessaire d'ancrer la pratique actuelle dans la Constitution.
Par 29 voix contre 11, les sénateurs ont finalement renoncé au contre-projet. Le National a accepté plus tard la proposition de conciliation à l'exception des voix de l'UDC. Il avait toujours mis son veto au contre-projet, trouvant superflu d'ajouter un article constitutionnel alors que rien ne changerait dans les faits.
La décision évite une absence de recommandation de vote du Parlement. Un écueil qu'ont voulu éviter les élus, y compris la majorité de ceux qui avaient jusqu'alors plaidé en faveur d'un contre-projet.
Le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis s'est montré satisfait. Il sera confronté pour la première fois à un vote populaire lorsque le peuple sera appelé à voter sur l'initiative.