Sur cette somme, 2,4 milliards sont prévus pour l'armement, 562 millions pour des projets immobiliers et 394 millions pour les F-35. Le Conseil fédéral a mis la priorité sur l’extension de la défense sol-air, la protection contre les mini-drones et le cyberespace, des priorités saluées par plusieurs orateurs de tous bords politiques.
Il est indispensable d'augmenter la capacité de défense de l'armée et de renforcer la défense contre les menaces les plus probables, à savoir les attaques à distance et les conflits hybrides.
Davantage de munitions refusées
La majorité de la commission compétente voulait même aller plus loin et proposait 500 millions de plus pour acheter des munitions pour la défense sol-air de moyenne et de longue portée, ainsi que pour des systèmes d’appui de feu indirect à moyenne distance.
A quoi cela sert d'avoir des systèmes modernes si l'on n'a pas de munitions, a demandé le rapporteur Walter Gartmann (UDC/SG). Au vu de la forte demande internationale et des délais de livraison prolongés, il convient de se les procurer à temps, a ajouté la co-rapportrice Nicole Barandun (C/ZH).
Le Ddps a fixé des priorités, il s'agit de les suivre. De plus, aucune réflexion pour financer ou compenser ces 500 millions supplémentaires n'a été menée, a opposé Linda De Ventura (PS/SH). Elle a été suivie par la gauche, le PVL et le Centre.
Diverses propositions de hausse, de baisse ou de suppressions de certains crédits ont été rejetées.
Crédit supplémentaire pour les F-35
Le crédit additionnel pour les F-35 a été le plus discuté. La commission de gestion du National a publié la semaine dernière un rapport très critique sur le processus d'acquisition de ces avions. Il a notamment conclu qu'il n'y a jamais eu de prix fixe bien que cela ait été communiqué à de nombreuses reprises.
La gauche a refusé d’entrer en matière. Les critiques émises doivent inciter à prendre une pause, selon elle. Le Conseil fédéral doit intégrer les recommandations du rapport avant de revenir avec un nouveau crédit d'engagement, a estimé Gerhard Andrey (Vert-e-s/FR). Il ne faut pas accepter aveuglément ce crédit. Il s'agit aussi de rebâtir un semblant de confiance, a abondé Benoît Gaillard (PS/VD).
"Nous ne menons pas de débat sur le rapport de la commission de gestion", a contré le ministre de la défense Martin Pfister. Et d'assurer que le Conseil fédéral prendra position sur le sujet "très rapidement et pas seulement en décembre".
Le rapport est "nuancé, objectif et intéressant". Il constitue une "bonne base pour améliorer les processus au sein du Département fédéral de la défense", a-t-il précisé. Mais pour l'instant, il s'agit de faire face à l'urgence sécuritaire et d'assurer la protection aérienne.
Pour ce faire, il est impératif d’approuver ce crédit additionnel afin de pouvoir acquérir au moins 30 F-35, a abondé Walter Gartmann pour la commission. Il a été entendu. Le plénum a en revanche rejeté, par 102 voix contre 89, une proposition de l’UDC et du PLR d’augmenter le crédit additionnel de 650 millions afin d’acquérir 36 jets, comme prévu à l’origine.
Volet immobilier
Le message comprend aussi un volet immobilier, qui sera doté de 562 millions de francs. Trois projets comprennent des mesures d'assainissement.
La gauche et le PVL ont plaidé en vain pour augmenter les fonds destinés à réduire les nuisances sonores aux alentours des aérodromes militaires. "Si nous voulons que la population continue d'avoir foi dans notre armée, il faut investir l'argent requis", a fait valoir Matthias Jauslin (PVL/AG). Le crédit demandé permet de respecter les prescriptions légales, a assuré M. Pfister.