Un crédit de 44,2 millions est prévu pour la création d'un centre de visites et d'information du Parlement sur la Place fédérale. Les capacités actuelles du Palais du Parlement ne suffisant pas à répondre à la forte demande. "Nous nous accordons actuellement le luxe de refuser des milliers d'intéressés à la politique", a avancé Reto Nause (Centre/BE) au nom de la commission.
"C'est une opportunité unique de louer l'objet au Bundesplatz 2", a indiqué Farah Rumy (PS/SO) au nom de la délégation administrative. Et de rappeler qu'il s'agit de renforcer la démocratie suisse. Le centre est une offre complémentaire à la visite du Parlement en elle-même. Elle est importante surtout maintenant avec la désinformation grandissante.
Un tel centre pourrait apporter une contribution précieuse à la diffusion des connaissances sur le système politique suisse et offrir au grand public un accès aisé au Parlement. "Le centre représente un pont entre 'suivre les débats sous la Coupole' et 'vivre la démocratie'", a indiqué Corina Gredig (PVL/ZH). "C'est un moyen d'approfondir le dialogue", a ajouté Cédric Wermuth (PS/AG).
Le Plr était partagé sur la question. Une petite majorité a soutenu "un lieu de dialogue vivant entre la politique et la population", a indiqué Anna Giacometti (PLR/GR). Une minorité a remis en cause la hauteur de l'investissement.
"Trop cher"
Pour Thomas Stettler (UDC/JU), "personne n'est opposé à ce que la population puisse mieux comprendre notre démocratie. Mais ce projet n'est pas opportun. Nous allons investir dans un bâtiment dont nous ne sommes pas propriétaires et dont nous ne connaissons pas l'avenir".
Les critiques portent aussi sur les coûts d'exploitation supplémentaires et le personnel qu’il faudra engager, notamment au vu de la situation budgétaire tendue de l'État fédéral. Le public souhaite avant tout visiter les locaux du Palais du Parlement et un centre d'accueil externe pourrait être moins intéressant à ses yeux, a encore argué le Jurassien. "Une visite du Palais se fait sous la Coupole."
Michael Götte (UDC/SG) a tenté de renvoyer le projet au Conseil fédéral. Il demandait un nouveau projet prévoyant un centre appartenant à la Confédération. Sa proposition a été rejetée par 112 voix contre 75. Les députés ont validé la création du centre par 113 voix contre 71. Une partie du PLR s'est abstenue.
Remettre aux normes
Les coûts des travaux de rénovation et d'agrandissement de la Bibliothèque nationale sont estimés à 211,7 millions de francs. Le bâtiment construit dans les années 1930 doit être remis aux normes actuelles. Une extension souterraine est aussi prévue.
"Le projet est adéquat pour un bâtiment qui conserve notre histoire", a indiqué M. Nause. Le bâtiment présente des problèmes statiques, a complété Mme Gredig. "Ne pas restaurer n'épargne pas d'argent, au contraire."
L'ambassade suisse à Londres, construite en 1971, a également besoin d'une rénovation complète. Le crédit d'engagement s'élève à 96 millions de francs. Il s'agit d'une des représentations les plus importantes de la Suisse dans le monde, a rappelé la ministre des finances Karin Keller-Sutter.
Le dossier passe au Conseil des Etats.