Le Conseil fédéral met la priorité sur l'extension de la défense sol-air, la protection contre les mini-drones et le cyberespace. Le Conseil des Etats a largement approuvé les montants demandés par le gouvernement.
Au vu de l'aggravation de la situation sécuritaire, il est indispensable d'augmenter la capacité de défense de l'armée et de renforcer la défense contre les menaces les plus probables, soit les attaques à distance et les conflits hybrides, a souligné Mathias Zopfi (Vert-e-s/GL) pour la commission.
Et d'ajouter que le conflit en Iran a montré que les pays voisins, pas directement impliqués dans le conflit, ont été attaqués afin d'exercer une pression maximale. Les capacités de la Suisse pour se défendre si elle était confrontée à une telle situation sont pratiquement nulles, a-t-il alerté.
Défense contre les mini-drones
Sur les 2,4 milliards prévus pour l'armement, un milliard est destiné à acheter des unités de feu supplémentaires de type IRIS-T SLM (distance moyenne). Cela permettra de couvrir une plus grande surface du territoire et de mieux protéger les infrastructures critiques. Les systèmes de défense contre avions de courte portée seront remplacés pour 800 millions de francs.
La gauche a plaidé pour renoncer à l'acquisition du pistolet 26, ce qui aurait permis de libérer 50 millions. Franziska Roth (PS/SO) a souligné qu'il avait obtenu de bien moins bons résultats que ses concurrents lors des tests et qu'il était inadéquat pour une formation à grande échelle dans le cadre d'une armée de milice.
Ce pistolet répond à toutes les exigences de sécurité, est moins cher que les modèles concurrents et renforce la sécurité d'approvisionnement grâce à une production en Suisse, a opposé M. Zopfi pour la commission. Il a été suivi.
Mme Roth souhaitait aussi augmenter de 50 millions les fonds pour la défense contre les mini-drones. N’importe quel terroriste peut acheter des drones performants dans un magasin de bricolage, les équiper d’explosifs et les envoyer sur n’importe quelle cible, a souligné la Soleuroise. En vain.
Il vaut mieux procéder par étapes, d'autant que les capacités techniques dans le domaine de la défense contre les drones évoluent très rapidement, a au contraire fait valoir Werner Salzmann (UDC/BE). Les crédits demandés sont suffisants pour l'instant, d'autres seront demandés dans les années à venir, a ajouté le ministre de la défense Martin Pfister.
Nouveau débat sur les F-35
Le supplément demandé pour les F-35 a à nouveau donné lieu à un débat nourri. Tout en reconnaissant que la situation n'est pas satisfaisante, le rapporteur de commission a défendu le crédit. Ce dernier est nécessaire pour permettre à la Suisse d'acquérir au moins 30 F-35. Il s'agit d'exploiter pleinement le volume de financement approuvé par le peuple suisse pour l'acquisition d'avions de combat, a expliqué le Glaronais.
Et de rappeler que, dans son message, le Conseil fédéral estime qu'il faudrait au moins 55 à 70 jets pour protéger durablement la Suisse contre les menaces aériennes.
La majorité de la gauche s'est opposée à ce supplément. "Nous ne devrions pas investir davantage d'argent dans un projet voué à l'échec dès le départ", a plaidé Mme Roth. Au vu des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, il apparaît de plus en plus que le F-35 n'est pas le bon avion. Les incertitudes liées à son acquisition restent importantes, a-t-elle souligné. Et d'estimer que les moyens seraient plus utiles ailleurs.
Le F-35 a de loin obtenu les meilleurs résultats lors des tests, a contré M. Salzmann. Et de préciser que les autres avions disponibles sur le marché ne sont pas des avions de cinquième génération et n'atteignent pas le niveau du F-35A. Il a été entendu.
Le Conseil des Etats a précisé que la demande de crédit supplémentaire pour les surcoûts liés au renchérissement pour le F-35 doit être soumise à l'Assemblée fédérale après l'exécution du projet.
Volet immobilier
Le message comprend aussi un volet immobilier, qui sera doté de 562 millions de francs. Trois projets comprennent des mesures d'assainissement.
Le National doit encore se prononcer.