"Une majorité bourgeoise composée de l'UDC, du PLR et de certains membres du Centre fait fi de la décision populaire prise il y a des années en faveur de la sortie du nucléaire", a fait valoir la coprésidente du PS, Mattea Meyer (ZH). "Le lobby nucléaire s'accroche à une technologie du siècle dernier." Les nouvelles centrales nucléaires sont trop dangereuses, trop coûteuses et arrivent trop tard.
Selon la cheffe du groupe parlementaire des Vert-e-s, Greta Gysin (TI), la décision du Parlement ébranle les fondements de la transition énergétique. "L’histoire nous a appris que le nucléaire est un défi trop grand pour l’humanité." Il faudrait au contraire poursuivre à plein régime le développement des énergies renouvelables.
Bilan décevant
Le président du PVL, Jürg Grossen (BE), a lui aussi dressé un bilan "décevant" en matière de politique énergétique. Le Parlement envoie un mauvais signal. "Ceux qui misent aujourd’hui sur de nouvelles centrales nucléaires ont mal compris les réalités de la politique énergétique."
Stefan Müller-Altermatt (Centre/SO) a qualifié le projet de "non équilibré". On ne sait rien du financement et de la sécurité des nouvelles centrales nucléaires. Une partie du groupe du Centre estime que cela ne peut pas se faire ainsi.
Sans alternative
Pour la majorité favorable au projet, la levée de l’interdiction de cette technologie est en revanche sans alternative. "À long terme, il faudra prolonger l’exploitation des centrales nucléaires existantes – et probablement aussi construire de nouvelles centrales", a déclaré Christian Imark (UDC/SO). La technologie nucléaire est une bonne option pour atteindre les objectifs climatiques.
Damien Cottier (PLR/NE) a lui aussi mis en garde contre les a priori: "Si nous voulons produire suffisamment d’électricité au cours des prochaines décennies et atteindre les objectifs climatiques, nous devons rester pragmatiques et réalistes". Une politique énergétique neutre sur le plan technologique est nécessaire.