Monsieur le Président du Conseil national,
Monsieur le Conseiller fédéral,
Madame la Présidente du Conseil d’Etat,
Madame et Messieurs les Conseillers d’Etat,
Monsieur le Président du Grand Conseil,
Monsieur le Syndic, Messieurs les Conseillers municipaux,
Mes chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

La session de printemps 2001 arrive à son terme. Avec quelques heures d’avance, nous entendons remercier très sincèrement les autorités tessinoises, luganaises et la population dont l’accueil a été particulièrement chaleureux.

Nous avons été sensibles à toutes les attentions : de l’affiche de bienvenue de la députation tessinoise présente dans tout le canton à la décoration des rues et des autobus de Lugano ainsqu’aux vitrines des commerçants.

Les présidents des Chambres, les services du Parlement et les députés ont trouvé un décor de rêves dans la villa Ciani. Toutes proportions gardées, il m’a rappelé le Palais du Luxembourg dans lequel siège le Sénat français. En effet, ce n’est pas tous les jours que l’on travaille dans un Musée en compagnie de toiles de maîtres. Le Sonntags-Blick, dont l’apport à la culture helvétique est inestimable, a dévoilé la Maddalena penitente, exécutée par Simone Pignoni vers 1630, qui orne le bureau du président Peter Hess.

Le Palais des Congrès a permis le déroulement normal de notre session. Les sièges du Conseil des Etats ont répondu aux attentes des centres de gravité de mes 45 collègues. La salle dévolue au Conseil national avec ses 740 places permettrait d’accueillir, une prochaine fois, à choix la Chambre des députés d’Italie, le Bundestag allemand ou le Parlement européen. Il a même été possible de procéder aux innombrables votes à l’appel nominal demandés par le groupe socialiste qui semble inconsolable lorsque le vote électronique n’est pas à disposition.

Le programme des joies annexes a permis à chacun de découvrir les réalités tessinoises culturelles, économiques, sociales ou touristiques. Le programme était très riche et même – peut-être - trop riche. Devais-je m’intéresser à la situation des habitants de Bissone et de Melide confrontés aux nuisances routières et ferroviaires de l’axe européen Nord-Sud ? A la santé des quelque 80 banques de Lugano ou à la santé publique au Tessin ? A la nouvelle université qui fait la fierté de la Suisse italienne ou à l’itinéraire industriel et œnologique qui ravit les palais délicats ? Aux organisateurs de toutes ces manifestations, nous exprimons notre gratitude sincère. Il aurait fallu une session de six semaines pour permettre à chacun de participer à toutes les « Initiative ». Mais, soyez-en sûrs, votre message a passé !

La session a mis en valeur les liens entre le Tessin et la Russie. Saint-Pétersbourg fête son tricentenaire et son maire, de passage à Lugano, a tenu à être reçu dans notre Palais fédéral provisoire. La remarquable collection des oeuvres de Chagall présentée au Musée d’art moderne est un autre témoignage de la fascination qu’exerce le monde russe sur l’Europe occidentale.

La soirée du groupe culturel à l’Hôtel de la Paix demeure un souvenir marquant grâce au talent de Rocchi et des Mummenschanz. Et Flavio Maspoli nous a époustouflé lors du déplacement au Théâtre social de Bellinzone.

Chacun emporte avec lui des impressions différentes de la session de Lugano, mais nul n’oubliera ce déplacement à Milan, dans cette puissante métropole de la Lombardie voisine où le maire Albertini nous a fait l’honneur de sa présence au Centre suisse.

L’Opéra bouffe du Jeudi Saint nous a ravi. Il a permis à nos collègues italophones de rafraîchir leurs connaissances en dialecte napolitain et aux autres Confédérés d’être enchantés par la performance des acteurs, les superbes décors et les voix admirables entendues au Piccolo Teatro de Giorgio Strehler qui n’est pas si piccolo que cela. Nous avons compris que le Tessin participait d’une des grandes cultures européennes et que Milan exerçait un fort pouvoir d’attraction culturelle.

Le retour en terre helvétique a permis à notre benjamin Toni Brunner de constater que l’accompagnement du convoi de cars postaux jaunes par les motos de la police milanaise prouvait que l’Europe de Schengen peut fonctionner mieux que d’aucuns le pensent et que le Parlement fédéral, en attendant la libre circulation des personnes, pratiquait avec aisance, la libre circulation des institutions.

Et puis, en plus des événements de la vie parlementaire, l’actualité nous a montré que comme au football la saison des transferts n’est jamais tout à fait close et que l’UDC ou l’UBS restent des familles d’accueil appréciées. En matière de transferts, je lance un appel à ceux qui voudraient renforcer notre FC Nationalrat qui semble promis à autant de déboires que la Nati lorsqu’il est amené à rencontrer le Onze du Grand Conseil tessinois. Ce 4 à 1 est aussi indigeste que le résultat de « Oui à l’Europe ! » pour ses partisans.

Je ne reviendrai pas sur les travaux parlementaires. D’importantes questions ont été discutées. L’ombre du vote du 4 mars a plané sur nos délibérations et l’anthologie parlementaire du Conseil des Etats a été enrichie par les propos subtils d’un dialecticien appenzellois permettant de distinguer un homme politique, un homme de gouvernement et un homme d'Etat. Comme l’homme et la femme sont perfectibles, chacun et chacune peuvent espérer passer d’une catégorie à l’autre pour peu que le Parlement ne fasse pas montre de trop de sévérité. Voilà pour rassurer Joseph Deiss !

Mesdames et Messieurs,

Le gouvernement tessinois s’est dépensé sans compter pour assurer le succès de cette session. Nous remercions la présidente Marina Masoni, le conseiller d’Etat en charge du territoire, M. Marco Borradori, et le chancelier Gianella, de leur présence constante et de leurs explications pertinentes sur la situation du Tessin.

La session de Lugano ne peut naturellement pas avoir des retombées immédiates. Elle a néanmoins fait prendre conscience à chacun des particularités de la situation du Tessin et de la nécessité d’apporter des réponses appropriées à ceux que la géographie a placés dans une situation unique.

Le Tessin ne demande pas de faveurs. Il attend simplement que la Suisse d’outre-Gothard prenne en compte sa situation particulière. Il serait inacceptable qu’une population souffre durablement d’un trafic en forte croissance. La Confédération se doit d’apporter son concours à la réalisation des infrastructures permettant d’améliorer la situation. J’ai été heureuse d’accompagner le président de la Confédération à Bissone pour apprécier la situation dramatique de ce beau village qui étouffe sous la pollution.

Une session, telle que nous venons de la vivre, implique un engagement considérable et une organisation parfaite. Nous tenons à saluer tout particulièrement le travail accompli par les services du Parlement et la Chancellerie d’Etat du Tessin. Tout s’est déroulé parfaitement. La rareté étant un élément constitutif de la valeur, de tels exercices ne peuvent que se répéter occasionnellement, chacun le comprendra.

Le père de mon illustre compatriote, Jean-Jacques Rousseau lui avait dit « va et découvre ton pays ». Chacun d’entre nous est venu découvrir ou de redécouvrir ce canton du Tessin si cher à nos cœurs et dont l’apport à la Suisse est indispensable autant qu’inestimable.

Grazie mille a tutti !