Monsieur le Président,

L’importance de la coopération entre l'ONU et les autres organisations internationales n’est plus à souligner. Elle doit aboutir à une meilleure répartition des tâches entre l'ONU, plus importante organisation à caractère universel, et les organisations régionales ou sectorielles, avec comme principal objectif commun de trouver la meilleure solution possible aux problèmes de notre temps.

Un principe fondamental est pour nous la prééminence de l'ONU dans le maintien de la paix et dans l'autorisation de l'emploi de la force. En dehors du cas de la légitime défense, la force ne peut être employée qu’avec l'aval du Conseil de sécurité.

Un autre principe, celui de la subsidiarité, illustre notre conception des relations entre l’ONU et les organisations régionales. La Suisse, avec ses 26 cantons et ses 2800 communes, pratique au quotidien ce principe de partage des tâches, qui permet ainsi aux acteurs les plus proches du terrain d’élaborer, puis de mettre en œuvre, en collaboration avec les organes supérieurs, les solutions répondants aux besoins de la population.

Les grands défis actuels en matière de sécurité, de développement durable dans tous ses aspects et de respect des droits de l’homme ont certes besoin d'être discutés au niveau global au sein des organismes onusiens. Toutefois, le rôle des organisations régionales ou sectorielles, dans la recherche de solutions adaptées au contextes régionaux, sociaux ou culturels spécifiques et dans leur mise en œuvre est essentiel. Les organisations ayant une dimension parlementaire comme l’UIP, au niveau mondial, ainsi que le Conseil de l'Europe et l’OSCE, au niveau régional, ont, selon nous, un rôle particulier à jouer dans cette perspective.

Monsieur le Président,

Les institutions suisses pratiquent une politique traditionnellement très ouverte à l'égard de la société civile en général. Les élus, et en particulier les parlementaires, jouent un rôle clé de relais des aspirations et des craintes de la société civile. Nous considérons donc comme particulièrement intéressantes les récentes propositions allant dans le sens d’une ouverture accrue de l’ONU aux parlements nationaux, et par là, à de nouveaux partenaires issus de la société civile, du secteur privé et des organisations non gouvernementales. Nous avons ainsi pris connaissance avec grand intérêt des recommandations du récent Rapport Cardoso qui préconise notamment une meilleure participation des parlements nationaux aux travaux de l'ONU. Il importe en effet de faire entendre la voix des peuples et ce sont les Parlements, l’expérience historique le prouve, qui sont le mieux à même de faire entendre l’aspiration des peuples à vivre en paix dans le respect de leur identité.

Le Conseil de l’Europe est un exemple d’une organisation régionale qui grâce à un réseau serré de conventions réalise chaque jour une union plus étroite entre ses membres. Depuis la chute du mur de Berlin, l’OSCE s’efforce d’apporter une nouvelle ère de démocratie, de paix et d’unité au continent européen.

Depuis l'adhésion de la Suisse aux Nations Unies, qui fut le fruit d’une initiative et d’une décision populaires, le Parlement fédéral a manifesté un grand intérêt pour l’activité de l'Organisation. Le gouvernement de mon pays informe et consulte le Parlement sur les positions défendues au sein de l'ONU. Il encourage la participation de parlementaires aux débats de l'Assemblée générale, ce qui me vaut l’honneur, en tant que président de la délégation suisse auprès de l'Union Interparlementaire, de vous parler au titre de membre de la délégation officielle suisse.

Monsieur le Président,
Les possibilités de collaboration entre l’ONU et le « Parlement des parlements » qu’est l’Union Interparlementaire (UIP) sont vastes et méritent d'être développées.

Le texte du projet de résolution sur la coopération entre l'ONU et l'UIP qui est soumis à l'Assemblée générale pose les bases d'une intensification de la coopération entre les deux organisations et souligne la contribution parlementaire plus importante et le soutien accru que peut apporter l'UIP à l'ONU.

Un symbole important du développement de cette coopération est la décision de tenir en septembre 2005, au Palais de verre de Manhattan, une deuxième Conférence des présidents des parlements nationaux, qui sera une réunion conjointe ONU-UIP visant à évaluer les possibilités de renforcer la dimension parlementaire de la coopération internationale dans les domaines de la paix et la sécurité, du développement économique et social, du droit international, des droits de l’homme, de la démocratie ainsi que de la parité entre les sexes.

Voici donc un exemple concret de collaboration entre l'ONU et l'UIP qui permettra de trouver des solutions globales aux défis auxquels nous sommes confrontés en ce début de XXIe siècle et qui ont nom guerre, faim, maladie, chômage, répartition inégale des richesses et du savoir. Mon pays est naturellement prêt à apporter son concours afin de résoudre ces problèmes immenses.

Je vous remercie, Monsieur le Président.