Monsieur l’Ambassadeur,
Au nom de mes collègues, je vous exprime ma reconnaissance pour ce déjeuner fort sympathique qui nous réunit à la Maison de France en ce dernier jour de notre session.
Les groupes d’amitié ont été créés il y a fort longtemps au Sénat et à l’Assemblée nationale. Il était temps de mettre sur pied une structure analogue chez nous. Avec la lenteur qui nous caractérise, nous en avons décidé le principe en adoptant une ordonnance le 3 octobre dernier. Notre délégation des deux chambres compte des représentants de la plupart des cantons romands et des quatre partis gouvernementaux. La présence de trois anciens présidentes et président des chambres est censée en rehausser le prestige ! On m’a confié sa présidence étant donné les liens que j’ai noués avec le sénateur de la Haute-Savoie Pierre Hérisson qui préside le groupe d’amitié du Sénat. Nous ne sommes pas des négociateurs mais là où nous sommes nous pouvons favoriser des décisions dans différents domaines comme les transports ou les relations frontalières. A peine la création de notre groupe d’amitié connue que le président de la Chambre de commerce française en Suisse nous a contacté pour nous associer à certaines activités.
Les rapports avec la France seront toujours d’une nature particulière pour les Suisses. La géographie et l’histoire le veulent ainsi. Aucun nuage ne trouble actuellement nos relations mais nous pouvons toujours faire mieux et le parlement se doit d’y contribuer. Les 7 accords des bilatérales I sont maintenant en vigueur. Les négociations relatives aux bilatérales II sont terminées. Nos relations avec l’UE sont donc appelées à se renforcer même si les avis divergent sur la question d’une éventuelle adhésion.
Ce jour du 18 juin marque le 64e anniversaire de l’appel que le Général de Gaulle a lancé à Londres à la résistance du peuple français contre l’occupant nazi. La victoire remportée, le Libérateur de la patrie sut, lorsqu’il revint au pouvoir, tendre la main à l’adversaire. La réconciliation franco-allemande lui doit beaucoup. La Suisse, qui a vu trois fois en un siècle ses deux principaux voisins en guerre, est reconnaissante à ces visionnaires qui sont su construire une Europe réconciliée. La récente élection d’un Parlement paneuropéen au suffrage universel de Dublin à Nicosie, de Brest à Bratislava et de Lisbonne à Riga est une illustration spectaculaire de cette évolution heureuse même si l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous d’un acte civique qui marquait la réunification du continent.
Je lève mon verre en l’honneur du Parlement français, des présidents Debré et Poncelet ainsi que de l’Ambassadeur Rummelhardt qui nous reçoit si aimablement. Vive l’amitié entre nos deux pays.