Monsieur le Secrétaire général du Ministère des affaires étrangères,
Monsieur le Secrétaire d’Etat ,
Messieurs les Ambassadeurs ,
Monsieur le président de la Commission de politique extérieure ,
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Merci de votre invitation et de votre accueil si chaleureux dans cette ambassade. Je suis sensible à votre désir d’avoir associé le Parlement à de cette visite d’un diplomate de haut rang.
Les liens entre nos deux pays ont commencé avant même votre indépendance lorsque notre diplomatie s’est efforcée de tisser des liens en vue de la conclusion de la paix à Evian. Je pense particulièrement à l’action du diplomate suisse Olivier Long qui fut chargé de missions secrètes au cours desquelles des représentants algériens et français se rencontrèrent à Lucerne, à Neuchâtel puis à Genève. De ce combat, j’en ai entendu beaucoup de récits dans mon enfance car ma mère accueillait régulièrement chez elle un sympathisant du FLN qui nous faisait partager sa foi dans l’Algérie libre.
Entre le 5 juillet 1962 et aujourd’hui, vous avez vécu 43 années d’indépendance qui ne furent pas faciles marquées qu’elles furent pas des crises douloureuses dont les causes ne nous sont pas immédiatement apparues. Il vous a fallu édifier de toutes pièces un Etat une fois terminées les épreuves de la guerre d’indépendance et surmontées les traumatismes de l’époque coloniale. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que l’Algérie est véritablement sur la pente ascendante après avoir subi des épreuves politiques mais aussi des catastrophes naturelles telles qu’inondations dévastatrices ou tremblements de terre meurtriers.
Un journal français du soir faisait un bilan de l’action du président Bouteflika dans ces termes : la violence des groupes armés a considérablement diminué avec la concorde civile, les caisses de l’Etat et les greniers des agriculteurs n’ont jamais été aussi pleins et la croissance économique aussi vigoureuse, l’Algérie est redevenue un partenaire courtisé par les Etats-Unis et la France. Voilà une appréciation élogieuse.
Ce qui a frappé le président du Conseil des Etats qui vous a rendu visite l’an dernier, en plus naturellement des paysages méditerranéens d’une rare beauté, des montagnes enneigées ou du désert saharien, c’est la magnifique jeunesse de ce pays de 31 millions d’âmes, ce sont les potentialités d’un grand pays qui dispose de vastes ressources. Vos atouts économiques considérables devraient favoriser les échanges entre nos deux pays. Vos performances économiques dans le domaine des hydrocarbures ou des céréales sont remarquables.
La langue française et l’islam sont d’autres liens qui nous rapprochent. Ne voyez pas dans le français la langue de l’ancien colonisateur mais un puissant véhicule d’échanges culturels qui permet de nouer des liens avec une cinquantaine de pays, dont la Suisse plurilingue. Quant à l’islam, il est maintenant devenue la troisième religion en Suisse. A l’heure des caricatures et des simplismes, il importe de répéter que l’islam est tolérant et ouvert aux autres religions.
Le partenariat euro-méditerranéen concerne nos deux pays même si nos deux pays ne sont pas dans une relation de voisinage immédiat.
Nous avons vécu quelques contacts parlementaires marqués par une visite de parlementaires suisses en Algérie en octobre 2000 puis par une contre-visite à Berne en juin 2001. Il y a eu la visite du président Schiesser et celle mémorable du président Bouteflika l’an dernier. Cette visite est l’occasion de nouer de nouveaux contacts qui sont, j’en suis sûr, appelés à se développer.
Un champ neuf de coopération s’ouvre devant nos deux peuples et il appartient aux élus d’aujourd’hui de saisir la chance de les développer.
Je lève mon verre en l’honneur du peuple algérien impatient d’oublier le poids du passé et de la peur et des personnalités présentes dont l’action est tout entière marquée par la volonté de guider leur pays vers un avenir de prospérité.
Vive l’amitié entre la Confédération suisse et la République algérienne démocratique et populaire !