Monsieur le Président,
C’est avec joie que nous vous accueillons à Berne. Nos deux pays ont un point commun car ils célèbrent leur fête nationale le Premier-Août. Notre premier août rappelle le serment des Trois Suisses qui ont conclu le pacte d’alliance de 1291 et qui marque le début de notre Confédération. Votre premier août rappelle l’indépendance en 1960 de ce qui était alors le Dahomey, devenu le Bénin en 1975. Nos relations diplomatiques datent maintenant de 45 ans.
Nous apprécions la vigueur de la démocratie béninoise marquée par des élections libres depuis 1989 avec un multipartisme vivant.
Les relations économiques mériteraient d’être développées. Actuellement, nous importons du coton et vous exportons des machines, des appareils, de l’horlogerie et des colorants.
Un accord bilatéral de commerce, de protection des investissements et de coopération technique est complété par des arrangements qui contribuent à l’alphabétisation, à l’aide alimentaire, aux bourses et aux stages de formation scolaire et professionnelle, au développement des coopératives notamment.
Le Bénin a acquis progressivement une place importante parmi les pays aidés par la Suisse, notamment après la signature en 1981 d'un accord de coopération technique qui a permis un soutien accru aux institutions sanitaires et scolaires. Ceci a justifié l'ouverture en 1983 à Cotonou d'un bureau de coordination de la Direction du développement et de la coopération.
Le Bénin devient alors le seul "pays de concentration" de la coopération de la Suisse en Afrique de l'Ouest au sud du Sahel. Dès 1989, les mesures de libéralisation économique incitent les autorités suisses à accroître l'aide financière pour soutenir, dans le cadre de projets internationaux "d'ajustement structurel", les mesures de privatisation et pour compenser les pertes subies par le Bénin à cause de la baisse des prix mondiaux du coton.
Nos deux pays sont membres de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et de l’Union interparlementaire. Nos députés des deux pays ont ainsi de fructueux échanges de vues. Nous sommes naturellement prêts à favoriser une coopération dans le domaine des échanges parlementaires.
Je fais une recommandation à tous mes collègues suisses : allez à Ganvié qui est l'une des plus grandes richesses dont regorge le Bénin. Malheureusement bien des gens ignorent encore son existence. Quelle injustice, c’est une perle cachée! C’est la Venise de l’Afrique, une cité sur pilotis qu’il faut avoir vu.
Je lève mon verre à l’amitié entre les peuples suisse et béninois. Et que la belle devise qui est la vôtre « Fraternité, Justice, Travail » inspire toujours nos actions.