(Le texte prononcé fait foi)
Madame la présidente sortante,
Chers collègues parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens tout d’abord à vous remercier pour la confiance que vous venez de me témoigner en m’élisant à la présidence du Conseil national et du coup de l’Assemblée fédérale. C’est un immense honneur que vous me faites, ainsi qu’à ma famille, à mon canton et à ma chère commune de Saint-Prex. Permettez-moi aussi de rendre un bref mais vibrant hommage à la présidente sortante Christine Egerszegi-Obrist qui quitte la Chambre du peuple pour la Chambre des cantons. J’ai beaucoup appris en observant sa façon souveraine de diriger notre conseil. Son autorité et sa distinction ont fait merveille au long de l’année très animée que nous venons de vivre.
J’ai pu aussi me rendre compte que la fonction n’avait pas qu’un aspect honorifique. Je mesure bien la grande responsabilité que vous venez de me confier. Présider la Chambre du peuple, ce n’est pas seulement diriger au mieux nos débats pendant une année. C’est aussi préparer le déroulement des sessions avec l’aide du bureau, de la délégation administrative et du secrétariat de notre conseil pour que nous puissions travailler dans de bonnes conditions et que nos séances se tiennent dans une atmosphère sereine.
Il n’était pas d’emblée évident que le paysan-vigneron que je suis devienne un jour le président du parlement national. Un paysan-vigneron au bénéfice d’une simple formation professionnelle, même si elle est couronnée par un diplôme de maîtrise fédérale, et qui a fait ses armes en prenant diverses responsabilités politiques en parallèle à son parcours professionnel. En évoquant ce parcours, j’ai une pensée de profonde reconnaissance pour celles et ceux qui m’ont soutenu pendant plus de quarante ans d’activités et d’engagements multiples. Il s’agit bien sûr de mon épouse Christiane, de mes enfants, de l’ensemble de ma famille et de toute la population de ma commune de Saint-Prex, présente en grand nombre aujourd’hui à la tribune ainsi que dans la salle de ce Palais préparée à leur intention. Merci à vous tous pour vos encouragements et votre appui.
Merci aussi à la population vaudoise et de mon district qui a chaque échéance m’a renouvelé sa confiance. Sans elle et sans son support, je ne serais pas sur ce siège présidentiel en ce moment. Avec humilité et respect, je lui exprime aujourd’hui toute ma gratitude. Merci aussi aux membres de mon groupe politique qui ont pensé à un Romand pour entrer dans le bureau du Conseil national. Après m’avoir demandé si j’étais intéressé à exercer cette responsabilité, ils m’ont assuré leur soutien tout au long de la démarche menant à la présidence du Conseil national.
Meine Damen und Herren,
liebe Kolleginnen und Kollegen
Es freut mich, Sie heute in einem Parlamentsgebäude empfangen zu können, das seinen alten Glanz fast ganz zurück gewonnen hat. Die Renovations- und Umbauarbeiten sind auf gutem Weg. Und wie uns die Verantwortlichen dieser Grossbaustelle versichern, werden wir sämtliche Räume im kommenden August wieder benutzen können. Nachdem wir während der dreijährigen Bauzeit unser Arbeit in Bundesbern nur mit Einschränkungen wahrnehmen konnten, ist es – so meine ich – langsam wieder Zeit für einen geregelten und ungestörten Parlamentsbetrieb. Unser politischer Alltag fordert uns im Moment nämlich ziemlich heraus. Zuerst einmal müssen wir unter all den möglichen Adressen für Kommissionssitzungen die für uns relevante korrekt in der Agenda notieren. Um dann auch zur richtigen Zeit am richtigen Ort zu sein, sind Zeitmanagement und vertiefte Kenntnisse über unserer Bundesstadt mit ihren unzähligen Baustellen unumgänglich. Aber auch während der letzten Sessionen mussten Parlamentarierinnen und Parlamentarier einen regelrechten Hindernisparcours durchlaufen, um in diesen Saal zu gelangen - überflüssig zu sagen, wie sehr ich mich auf das Ende der Bauarbeiten freuen. Bei der offiziellen Einweihung des renovierten Hauses werden wir die Gelegenheit haben, über das Resultat unsere Kommentare und Einschätzungen abzugeben.
Une chose me frappe et m’étonne depuis longtemps lorsque j’entre dans cette vénérable bâtisse qu’est le Palais fédéral. Il manque à cette grande dame plus que centenaire un atour d’importance qui n’a été jugé nécessaire ni lors de sa construction, ni pendant la présente transformation. Pire: je soupçonne que personne n’y ait même jamais pensé.
Face à cette nudité incontestable qui fait écho à celle de la nymphe éthérée flottant sur la magnifique fresque murale de l’artiste genevois Charles Giron en 1901, il devenait impératif de retrouver, dans une draperie, le symbole de notre pays, la Suisse. C’est pourquoi à partir d’aujourd’hui et à mon instigation, vous trouverez, jour après jour, dans cette salle ces deux drapeaux à la croix blanche.
Nous siégerons désormais sous la bannière de notre mère-patrie. Ces drapeaux nous rappelleront en permanence le serment ou la promesse que nous venons de faire. L’emblème national nous rappellera que nous devons agir en faveur de notre pays et de ses habitants, et cela quels que soient nos convictions et nos intérêts.
La forza e la ricchezza, nel pieno senso del termine, del nostro Paese derivano dalla qualità delle sue istituzioni democratiche. Queste istituzioni, create dai nostri predecessori, fondano il funzionamento politico del Paese sulla libertà, sul rispetto dei cittadini e sulla responsabilità individuale. Mentre sulla terra tanti individui vedono nelle differenze altrui soltanto minacce da combattere, noi abbiamo imparato, nel corso dei secoli, a fare delle nostre differenze strumenti per costruire un sistema politico che ci consenta di vivere in pace e in armonia.
Je souffre lorsque j’apprends que dans un pays voisin, la Belgique pour ne pas la nommer, une des communautés majoritaire dans une région bilingue pense pouvoir interdire à l’autre de communiquer dans sa propre langue. (C’est un peu comme si l’on interdisait aux Romands de Berne de parler le français ou aux Tessinois de communiquer en italien à Lausanne.) Mais j’applaudis quand les citoyennes et citoyens de ce pays descendent pacifiquement dans la rue pour dire combien ils aiment leur nation tout entière. Je souscris lorsqu’ils demandent de pouvoir vivre ensemble et en paix.
Pour garantir le bon fonctionnement démocratique de notre pays, il ne suffit pas d’appliquer la magnifique formule attribuée à Voltaire: «Si je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, je me battrai pourtant pour que vous puissiez l’exprimer». Une nation fédéraliste telle que la nôtre est composée des langues, des histoires, des religions et des mentalités diverses des Etats qui la composent. Les élus du peuple doivent donc constamment garder à l’esprit l’acceptation de ces différences et veiller que cette diversité profite à l’ensemble de nos populations. Les citoyennes et citoyens se sentiront en retour entendus et compris à travers les lois que nous élaborerons. Ils accepteront d’autant mieux la mise en œuvre de ces dispositions légales.
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues anciens et nouveaux,
Permettez-moi de laisser le dernier mot à Charles-Ferdinand Ramuz. Dans un discours prononcé en 1969, le grand écrivain vaudois a comparé notre pays à une fête de famille à laquelle participent quatre races et quatre langues, et où l’allemand, l’italien et le romanche viennent rendre visite au français. «On assiste à une fraternisation des fleuves qui abreuvent l’Europe, le Rhin, l’Inn et le Tessin et qui rejoignent le Rhône. Quatre langues, quatre fleuves.»
C’est dans cet esprit et avec cette philosophie que je vous souhaite une excellente législature 2008-2011. Je vous remercie de votre attention.
André Bugnon
Président du Conseil national