Seul le discours prononcé fait foi.

 

Monsieur le Président du Conseil national,
Cher Jean-René,

 

C’est avec joie que je t’ai transmis, ce lundi, la présidence du Conseil national. J’ai en effet la certitude qu’avec toi, la Chambre du peuple est en de bonnes mains.

Tu as choisi de donner une impulsion à la cohésion nationale en te rendant dans chaque canton durant ta présidence: je me réjouis de t’accueillir – qui sait ? – dans le canton d’Argovie.

Tu souhaites aussi renforcer les liens entre Berne et la Suisse romande et ton canton, le Valais.

Je suis certaine que tu vas atteindre ces buts. Quant à la diplomatie parlementaire, je t’ai vu à l’œuvre: tu seras un très bon ambassadeur de notre système de concordance et de nos institutions.

Aujourd’hui, ton canton, le Valais, a tenu à fêter dignement ton élection.
Ses habitants sont fiers de toi – à juste titre !

Savoure cette journée, cette soirée et profites-en pour recueillir toute l’énergie que sont venues te communiquer les personnes ici présentes. Car de l’énergie, c’est certain, tu en auras besoin au cours des douze prochains mois.

Je ne te le cacherai pas : les tâches du président du Conseil national sont exigeantes, elles requièrent un engagement sans faille. Mais elles réservent aussi d’innombrables satisfactions : témoignages d’estime, moments de joie partagée, rencontres inédites et expériences inoubliables.

Mesdames et Messieurs,

En quittant le perchoir du Conseil national, j’ai l’impression d’être arrivée au terme d’un long voyage : un périple fort et intense qui, certes, a demandé beaucoup d’énergie, mais qui s’est avant tout révélé passionnant et extrêmement enrichissant.
Oui, j’ai voyagé : à travers une multitude d’activités, à travers les différentes régions de notre pays ; à la rencontre d’institutions et d’entreprises, à la rencontre de toutes les générations.
Ce voyage m’a notamment permis de me rapprocher des citoyens, et j’ai tout particulièrement apprécié ce contact avec la population.

Vous avez déjà certainement tous entrepris un long voyage. Or, comme moi, vous savez bien que l’on n’emmène, pour ce genre d’occasion, que des personnes dont la compagnie nous est agréable.

Pour ma part, j’ai eu la grande chance d’être entourée, dans cette aventure présidentielle, de deux vice-présidents avec lesquels je me suis très bien entendue et avec lesquels j’ai pu collaborer de manière optimale.

Ensemble, nous avons dirigé de nombreuses séances et résolu bien des situations épineuses.

Cher Jean-René. Si peut-être une ou deux fois, nous n’étions pas du même avis, nous nous sommes quand-même toujours soutenus mutuellement. Et oui, nous avons même fini par nous comprendre à demi-mot.

Cette bonne entente n’est probablement pas sans rapport avec les expériences que nous avons partagées. Des expériences exceptionnelles et, parfois, très amusantes.

Je citerai par exemple la Conférence mondiale des présidents de parlement, qui s’est déroulée à Genève et dont nous nous souviendrons sans doute longtemps.
Tous les présidents se faisaient conduire en voiture au centre de conférence, qui se trouvait pourtant à proximité de l’hôtel. La présidente du Conseil des États, Jean-René Germanier, le secrétaire général de l’Assemblée fédérale et moi-même, nous avons décidé d’effectuer le trajet à pied : nous en avions pour cinq minutes à peine. Nous nous sommes donc faufilés entre les limousines qui avançaient difficilement. À l’entrée du centre, on nous a expliqué que nous n’étions pas admis, le tapis rouge étant réservé aux présidents de parlement : visiblement, l’absence de limousine ne parlait pas en notre faveur ! Finalement, nous avons pu entrer et j’ai ensuite eu le plaisir d’expliquer devant les caméras de la chaîne « Kuwait News » qu’il était tout à fait normal, en Suisse, de voir des présidents se déplacer à pied.

Je n’oublierai pas non plus le voyage qui a conduit, cette année, en Finlande et en Suède une délégation dont tu faisais partie, Jean-René, et que je présidais.
Outre le succès des entretiens bilatéraux, qui mérite d’être relevé, je garde un souvenir indélébile de la soirée qui a clos une semaine de travail intense. C’est là que j’ai découvert les talents de chanteur de Jean-René ; j’ai également pu constater que les membres de notre délégation s’accordaient aussi bien sur le plan parlementaire que musical !

Avant de conclure, Mesdames et Messieurs, permettez-moi une considération d’ordre linguistique : en Suisse alémanique, on dit du président du Conseil national qu’il est le « höchster Schweizer », autrement dit le « citoyen suisse le plus haut placé ». En Suisse romande, vous avez une expression plus judicieuse à mes yeux, puisque vous parlez du « premier citoyen de Suisse ».

Il me semble en effet qu’être président du Conseil national, ce n’est pas être au-dessus des autres. Personnellement, j’ai eu à cœur, tout au long de cette année, de rester proche des gens et de leurs préoccupations. Je me suis sentie bien davantage « première citoyenne » que « höchste Schweizerin ».

Cher Jean-René. Je suis certaine que ton voyage sera aussi passionnant que le mien. Tes valises sont bouclées, tu es prêt, il ne te reste plus qu’à embarquer !
Il ne me reste plus qu’à te remercier chaleureusement de ta collaboration et à te souhaiter une excellente année en tant que « premier citoyen » de notre pays.