​Les paroles prononcées font foi.


Mesdames et Messieurs les Conseillers nationaux,
Chers Collègues,

Quel privilège de pouvoir servir ainsi ses collègues et la population suisse! Quelle émotion! J’ai un sentiment de reconnaissance émue envers vous qui m’avez confié la présidence de l’Assemblée fédérale pour une année!

Votre décision m’oblige et m’engage. Je mesure la grande responsabilité de mener nos débats dans un esprit d’impartialité, de bienveillance et d’efficacité. Je vous remercie vivement de ce mandat que je m’efforcerai d’accomplir au plus près de ma conscience et dans le respect de nos institutions.

Permettez-moi d’exprimer ma profonde gratitude à ceux qui m’ont permis de vivre cet instant de bonheur, à la population de mon canton de Fribourg, à mon groupe parlementaire démocrate-chrétien, à ma famille, notamment à mes parents et à mon frère aujourd’hui décédés, à celles et ceux qui m’ont éduqué, m’ont formé, à mes compagnons de route politique, à mes amis, à mes fidèles collaboratrices et aux épreuves de la vie sans lesquelles on ne devient pas vraiment un être complet.

Und damit nicht genug der Dankesworte. Mein besonderer Dank gilt auch meinem Vorgänger Jürg Stahl, der unsere Debatten mit strenger Hand und dennoch menschlich geleitet hat, sowie dem Generalsekretariat der Bundesversammlung und allen Mitarbeitenden der Parlamentsdienste, die uns bei unser täglichen Arbeit mit Kompetenz und Freundlichkeit begegnen.
Dank diesem KMU namens Parlamentsdienste kann unser Parlament, das ein Milizparlament ist und dies noch lange bleiben wird, unter hochprofessionellen Rahmenbedingungen seiner Arbeit nachgehen.

Il y a quelques instants, je parlais du privilège de présider le Conseil national. Mais il est privilège dont nous bénéficions tous, chers Collègues, celui de remplir notre mandat en toute liberté d’expression et sans bruit de bottes. De plus, nous délibérons dans le respect de ce que nos prédécesseurs ont mis sous toit.

Nous n’avons pas subi de guerre depuis des centaines d’années: c’est aussi un grand privilège qui nous vaut l’extrême stabilité de notre pays. La paix est un trésor. Elle ne peut durer que si règne une certaine justice et la recherche de la justice doit guider toutes nos décisions.

Nonostante le nostre differenze politiche, culturali o geografiche, la lunga e solida tradizione delle nostre istituzioni ci ha permesso, nello spirito di una «Willensnation», ovvero di una nazione che ha la volontà di rimanere unita, di sviluppare un’identità svizzera fondata su un duplice sentimento molto forte di responsabilità e di solidarietà. L’essere umano non esiste al di fuori di una società; viceversa, la società non può esistere senza riconoscere i suoi membri. È proprio questo il senso del motto che figura sotto la cupola del nostro Parlamento: «Unus pro omnibus, omnes pro uno», «Uno per tutti, tutti per uno».

La cohésion nationale est le fruit du respect des valeurs communes que sont la démocratie et l’état de droit. Elle a été consacrée à la fin du 15e siècle par l’action et à la médiation d’un personnage exceptionnel, Frère Nicolas de Flue, dont la statue s’érige dans le hall d’honneur du Palais fédéral. L’Obwaldien, patron de la Suisse, a permis l’entrée dans la Confédération de Soleure et de Fribourg, premier canton romand de l’alliance. Frère Nicolas a incontestablement marqué nos institutions au coin de l’esprit de concordance et de proportionnalité, qui rend possible le vivre-ensemble à long terme.

Les anciens Confédérés ont eu la sagesse de s’ouvrir en signant le Convenant de Stans. Aujourd’hui, dans un monde totalement globalisé, la Suisse doit également accepter la nécessité de certaines réformes. Les questions migratoires, le développement des technologies, la protection de l’environnement ou les menaces terroristes – pour ne prendre que quelques thèmes – dépassent largement les frontières nationales et nous obligent à prendre des décisions, parfois douloureuses. Ne cédons pas au réflexe du hérisson, relevons le défi de l’avenir car à défaut, il y a fort à craindre que d’autres décident à la place des Suisses. Notre pays, champion du monde récemment confirmé de l’innovation et de la compétitivité, ne saurait rester sourd à l’appel des réformes indispensables à la prospérité commune.

Sur le plan intérieur, la réforme des retraites et celle de la fiscalité des entreprises, qui ont échoué, nous posent à nous, le Parlement, une double exigence: à la fois nous devons écouter davantage les gens et nous devons être à même de faire passer la volonté d’une solution acceptable pour le plus grand nombre.

Innenpolitisch stellen sich uns, den Ratsmitgliedern, mit dem Scheitern der Rentenreform und der Unternehmenssteuerreform gleich zwei Herausforderungen: Zum einen müssen wir den Bürgerinnen und Bürgern noch mehr Gehör schenken, zum anderen müssen wir alles daran setzen, mehrheitsfähige Lösungen zu finden.

A nus parlamentarias e parlamentaris statti a cor dad esser coerents visavi il Cussegl federal, per il qual l’incumbensa daventa di per di pli delicata en in mund ch’è expost a violenzas da tuts geners: Lain pia metter a disposiziun a la regenza ils meds per las missiuns, cun las qualas nus l’incumbensain, betg dapli, betg pli pauc!

Face aux autres pays, la Suisse veut sauvegarder la vitalité de sa démocratie directe et la prospérité de son économie sociale de marché. Notre pays ne se situe toutefois pas sur une autre planète. Nous sommes citoyens du monde, pour reprendre l’expression de Blaise Cendrars, lorsque nous célébrons les distinctions professionnelles obtenues par nos apprentis qui nous placent au deuxième rang mondial. Nous serons citoyens du monde lorsque nous vibrerons avec notre équipe nationale lors de la Coupe du monde de football en Russie. J’espère à cet égard que nos acteurs du tourisme et à nos athlètes de sport d’hiver pourront défendre avec fierté le drapeau suisse et les valeurs qu’il représente lors de futurs Jeux olympiques de Sion 2026.

Notre politique étrangère revêt une importance primordiale, non seulement parce que notre pays n’a pas d’accès libre à la mer, mais parce qu’elle nous offre la possibilité de renforcer la médiation et la coopération de la Suisse. Les œuvres d’entraide privée et nos diplomates jouent un rôle non-négligeable dans la défense des droits humains et dans la lutte contre ce qui représente le plus grand scandale au monde, la faim. A cet égard, je suis particulièrement heureux que notre Parlement ait renoncé récemment à réduire l’aide au développement. Reste maintenant à espérer que les autres Etats aillent dans la même direction.

Chers Collègues, notre mission est astreignante, mais ensemble, faisons tout ce que nous pouvons pour maintenir notre pays et cette terre en paix. Je vais faire de mon mieux pour honorer votre confiance, au service de notre patrie et de notre population que je confie à la protection divine.

Je vous souhaite une excellente année politique 2017/2018!

Et que vive la Suisse!

Es lebe die Schweiz!

Viva la Svizzera!

E viva la Svizra!