Monsieur le président du Conseil international du sport militaire,
Monsieur le président le président du CIO,
Monsieur le Commandant des forces terrestres,
Dear CISM representatives from the whole world,
Dear ladies and gentlemen
Chers invités,
C’est un honneur pour moi de vous accueillir à Berne au nom des autorités fédérales. Ce n’est pas tous les jours que la Suisse reçoit des délégués de près de nonante pays. Ce n’est pas tous les jours non plus que la liste des pays participants commence par l’Afghanistan et finit par le Zimbabwe. (J’ai fait le tour du monde, rien qu’en la parcourant.)
Je suis très fier et - pourquoi vous le cacher - très impressionné de me retrouver devant un parterre de si éminents représentants de la hiérarchie militaire. Moi qui ai effectué toute ma carrière militaire comme simple soldat… La charge de président du Parlement helvétique réserve bien des surprises et ce n’est pas son moindre charme.
Cette année, le législatif suisse a placé à sa tête un paysan-vigneron. Cela semblera sans doute un peu étrange à certains d’entre vous mais vous comprendrez mieux si je vous dis que notre petit Etat est fondé sur la milice.
Comme président du Conseil national et de l’Assemblée fédérale, je porte le titre de «premier citoyen» du pays. Pour me rappeler que je viens du peuple et que je dois faire entendre sa voix. Les parlementaires de notre pays ne sont pas des professionnels. La plupart d’entre eux exercent une autre profession. Ils sont ainsi insérés dans la société civile, dans le marché du travail et dans l’économie.
Nos élus subjuguent rarement les foules par leurs envolées rhétoriques et ce ne sont pas des théoriciens. Le pragmatisme est la marque de fabrique des lois de ce pays. On y mène une politique terre à terre, populaire dans le bon sens du terme. La Suisse reste marquée par des siècles de paysannerie. Même si elle s’urbanise, elle continue de préférer des élus élevés en pleine terre à un Parlement hors sol.
La démocratie parlementaire est un gage de paix dans le monde et elle mérite bien quelques sacrifices, comme de mettre son activité professionnelle en veilleuse pendant douze mois. Pendant que je suis à Berne ou aux quatre coins du pays, d’autres mains que les miennes soignent mon vignoble et cultivent mon domaine de la Côte vaudoise.
Je préside le Conseil national durant ses quatre sessions annuels; je siège dans des organes parlementaires, je reçois les ambassadeurs et les délégations étrangères en visite en Suisse et je voyage à l’étranger pour tisser des liens avec d’autres institutions parlementaires. Je reviens tout juste du Mexique et j’espère pouvoir me rendre au Kazakhstan en septembre.
Cette présidence honore ma famille, mon parti et ma région. Elle me permet aussi de servir mon pays, après avoir consacré mes plus belles années à ma commune de Saint-Prex, comme syndic. Cet engagement donne du sens à ma vie.
L’esprit de milice et de service est très vivace en Suisse. Deux habitants sur cinq sont engagés dans des activités bénévoles, et cela tout particulièrement dans le cadre d’associations sportives. Un jeune homme sur huit fait son service militaire ou sert dans la protection civile. Toutes les couches sociales et tous les milieux professionnels sont ainsi représentés dans l’armée.
L’esprit de milice repose sur des qualités de cœur et sur le don de soi. Ce qui ne veut pas dire amateurisme et inefficacité car notre Parlement s’appuie sur un back office administratif très compétitif. Quant à l’armée, elle bénéficie d’un encadrement hautement professionnel.
Milice rime même avec excellence dans le domaine sportif. Ainsi l’armée suisse met-elle sur pied une école de recrue pour les sportifs d’élite, afin de leur permettre de poursuivre leur entraînement durant leur service militaire. Les sportifs de pointe peuvent en retour faire bénéficier leurs camarades de leurs talents en devenant moniteurs sportifs militaires. Et puis certains d’entre vous ont sans doute entendu parler de notre célèbre Patrouille des glaciers. Cette compétition militaire dans les Alpes est ouverte aux équipes de montagnards civiles. Elle illustre bien l’ancrage de l’armée dans la population en Suisse.
Dans cette Suisse où près des trois quarts de la population fait du sport, au moins occasionnellement, nombreux sont ceux qui considèrent que le sport et le service militaire sont des écoles de vie.
L’alliance vertueuse du service à la patrie et de la performance sportive promet le Conseil international du sport miliaire à un brillant avenir. Car comme en politique, on ne gagne pas un grand tournoi ou une grande course militaire pour soi. On atteint son but pour les autres et pour un idéal.
J’exprime ma gratitude au Conseil international du sport militaire qui a choisi de tenir ses 63es assises annuelles dans notre pays et je vous souhaite de fructueux débats à Montreux, sur les bords de mon cher lac Léman.