​Message de salutation de la présidente du Conseil national Christa Markwalder

Palais du Parlement, salle 301

Les paroles prononcées font foi.

Monsieur le Président du Groupe d’Amitié parlementaire Suisse-Amérique Latine,
Madame la Représentante de l’intergroupe parlementaire Suisse-Espagne,
Mesdames et Messieurs les Représentants du corps diplomatique hispanophone,
Mesdames et Messieurs les Représentants du monde académique,
Mesdames et Messieurs les Invités,

En ce jour d’hommage à la langue espagnole, je ne résiste pas à l’envie de relire quelques lignes dudialogue sans doute le plus connu de la littérature mondiale.

(Sancho): Est-ce que je ne vous avais pas dit, moi, de faire attention! C’étaient des moulins à vent; il n’y avait pas moyen de s’y tromper, à moins d’avoir d’autres moulins qui vous tournent dans la tête.

(Don Quichotte): Tais-toi, Sancho; à la guerre plus qu’ailleurs, on ne peut jamais savoir comment les choses vont tourner. C’est cet enchanteur qui a transformé les géants en moulins pour me ravir l’honneur de les avoir vaincus. Mais au bout du compte, mon épée sera plus forte que tous ses maléfices.

(Sancho): Puissiez-vous dire vrai, Monsieur.

Qui ne connaît le «chevalier à la triste figure», sa conscience droite, ses idéaux de justice, de paix, de dignité humaine, d’amour, de charité, de générosité? Ce gentilhomme de la noblesse ne veut pas abandonner ses mirages malgré les remarques sensées de son écuyer pansu Sancho Panza, qui l’assiste dans son combat contre le mal.

Mais don Quichotte n’échappera pas à la réalité. Et lorsqu’il comprendra la vanité de son effort pour atteindre l’absolu de la justice, il en mourra.

Mais le plus grand héros de fiction a-t-il vraiment été vaincu? Disposons-nous d’autres armes, face à la précarité de la destinée humaine, que l'imaginaire, la poésie, l’idéalisme ou le rire?

Comme Don Quichotte, les parlementaires tentent de rapprocher et de concilier le monde et leurs rêves. Bien sûr, on attend d’eux qu’ils saisissent le réel à bras le corps, qu’ils fassent preuve de pragmatisme et de réalisme. Mais sans idéalisme, sans imagination, pourraient-ils avancer vers la société idéale esquissée dans la constitution?

Mesdames et Messieurs,

Je suis honorée de vous apporter le salut de l’Assemblée fédérale alors que vous rendez hommage à la langue espagnol à l’occasion du 400e anniversaire de la mort de Cervantès. La plume de Cervantès est fougueuse et elle rebondit à chaque phrase, comme la vie de l’écrivain qui a survécu à une bataille navale, à cinq ans de captivité chez des pirates d’Alger et aux cachots de l’Espagne de la fin du 16e siècle.

Cervantès est bien le père de l’espagnol, cette grande langue du monde, parlée sur deux continents en tant que langue vernaculaire et internationale. Cette langue admirable, enseignée en Suisse au niveau secondaire, à côté de l'anglais et de l'allemand. Cette langue qui vit chez nous grâce aux migrants de la péninsule ibérique et d’Amérique du Sud.

Je saisis l’occasion d’encourager les ressortissants d’origine hispanique à pratiquer leur langue maternelle, à côté de la langue de leur région d’accueil. Je remercie aussi de tout cœur les parents et les grands-parents qui parlent espagnol au sein de la famille. Ils font un magnifique cadeau à leurs enfants et petits-enfants et à la Suisse tout entière.

Je vous remercie de votre attention.