Les paroles prononcées font foi.
Madame la Présidente de la Confédération,
Madame la Présidente de la Confédération élue,
Monsieur le Président du Conseil d’Etat de la République et Cantons de Genève,
Monsieur le Maire de Lancy,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Autorités fédérales, cantonales et communales,
Mesdames et Messieurs,
Quel honneur et quel plaisir, pour le Valaisan que je suis, de participer officiellement à la Fête de l’Escalade, la fête de la libération de Genève. Genève a aujourd’hui de multiples raisons de se réjouir: elle fête son identité, son indépendance et sa présidente de la Confédération, Madame Micheline Calmy-Rey. La future présidente de la Confédération incarne d’autant mieux l’esprit d’indépendance de Genève qu’elle est d’origine valaisanne.
Venir d’une région de montagne ne signifie pas être replié sur soi-même. Etre profondément enraciné dans une région, dans une culture, dans un paysage permet au contraire de mieux comprendre le monde.
Le président de l’Assemblée fédérale et la présidente de la Confédération ne partagent pas seulement leur origine valaisanne: ils sont tous deux convaincus que la Suisse doit être tolérante et ouverte.
A l’ombre du Mur des Réformateurs, Micheline Calmy-Rey s’est très tôt familiarisée avec la Genève internationale, celle qui écoute le monde et que le monde regarde. Notre présidente a rapidement perçu et intégré la mission particulière de la Suisse au sein du concert des nations.
Elue au Conseil fédéral, l’ancienne trésorière du canton de Genève préférera renforcer le rôle et la visibilité de la Suisse sur la scène internationale plutôt que de tenir les cordons de la bourse fédérale. Elle s’engagera en faveur du Conseil des droits de l’homme au sein de l’ONU et pour l’établissement de discussions confidentielles d’Etat à Etat. Elle fera aussi de la DDC la carte visite de la solidarité helvétique.
L’élection de l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss à la présidence de la 65e session de l’Assemblée générale de l’ONU montre que la Suisse est reconnue à l’étranger comme artisane de paix.
Je suis convaincu que les droits humains sont les garants du développement économique harmonieux des sociétés, les garants de la prospérité des Etats pour le bien-être des populations. Plus que jamais, la Suisse doit montrer au monde qu’elle est ouverte et prête à contribuer à la résolution des défis globaux.
La Suisse indépendante et souveraine n’est pas une profiteuse, bien au contraire. Elle le prouve régulièrement par des actes de contributions aux efforts de stabilisation et de cohésion au niveau européen et mondial.
Nos relations avec l’UE mais aussi avec les nouvelles puissances mondiales émergentes en Asie sont au centre des préoccupations du Conseil Fédéral. Doris Leuthard a accompli un très grand travail à la tête de notre gouvernement pour profiler la Suisse durant son année présidentielle. Dès le 1er janvier, Micheline Calmy-Rey poursuivra cette action, armée de son expérience des relations internationales et de son énergie.
Elle devra faire face au durcissement des fronts politiques et aux confrontations partisanes. Les débats d’idées tournent souvent à l’affrontement alors que notre pays a réussi à traverser la crise, à maintenir l’emploi et la paix sociale. Cette radicalisation se manifeste aussi les scores des élections au sein du conseil fédéral. Elle n’est pourtant ni dans nos coutumes, ni dans notre culture politique.
Comme beaucoup d’élus de ce pays, je crois aux principes fondamentaux de la concordance et à leur application à tous les échelons de la politique. Je veux œuvrer pour que, conformément à notre tradition démocratique, les principaux courants d’idées participent aux grands projets du pays.
Si la Suisse est en paix, prospère et dynamique, elle le doit à l’implication de tous les tenants de la société dans la vie politique. La concordance est la substance même de la démocratie directe. Sans elle, notre système est dévoyé et le droit d’initiative devient un instrument de blocage de nos institutions. Le Parlement entre dans une année électorale et ses membres devront garder à l’esprit qu’ils sont au service du peuple suisse tout entier.
Chère Micheline,
Le renforcement de la cohésion du Conseil fédéral est une tâche essentielle du président ou de la présidente de la Confédération. Je sais que tu vas t’y atteler avec conviction, comme tu l’as déclaré. En tant que président de l’Assemblée fédérale, je mettrai tout en œuvre pour que le législatif travaille en bonne harmonie avec l’Exécutif. Je me réjouis de notre collaboration pour le bien de la Suisse.
La tradition et le rayonnement de Genève nous invitent à dépasser les régionalismes et à nous intéresser sincèrement aux autres.
Genève a choisi une Lyonnaise et sa marmite pleine de légumes pour symboliser le combat victorieux de la ville pour sa souveraineté. Pendant une année, tu seras un peu la Mère Royaume de la Suisse. Engagée, spontanée, courageuse.
Mes vœux t’accompagnent.
Que périssent les ennemis de la République. Vive la Confédération helvétique, vivent ses cantons et ses villes, vive son union dans la diversité.