Mes chers collègues,
Mesdames, Messieurs,
C'est un grand plaisir pour moi de vous souhaiter la cordiale bienvenue dans la salle du Conseil des États rénovée. Aucune réfection de grande envergure n'avait eu lieu dans ces murs depuis l'inauguration du Palais du Parlement le 1er avril 1902. Or, l'apparition de signes de vétusté au cours de ces dernières années a nécessité une restauration de fond en comble de ces lieux et une mise à jour des équipements techniques.
De nombreux édifices parlementaires ont vu le jour en Europe vers la fin du XIXe siècle, tel que le Parlement de Vienne, œuvre de Theophil Hansen, ou l’édifice du Reichstag à Berlin, conçu par Paul Wallot. Si le bâtiment du Palais fédéral suisse, de Hans Wilhelm Auer, s'inscrit dans une longue tradition de monuments du même genre, sa conception artistique en fait par contre un édifice spécifiquement suisse qui a su maintenir son caractère jusqu'à ce jour.
Au moment de l'ouverture du Palais du Parlement en 1902, cette salle n'était pas telle que vous la connaissez aujourd'hui. Non seulement le chantier avait-il souffert d'un retard, mais les décorations artistiques n'étaient pas encore achevées à certains endroits du bâtiment. Ici, dans la salle, le mur du fond - où se trouve aujourd'hui la fresque - était en fait nu et en face - à la place de la fenêtre plein cintre en verre transparent – étaient placées des fenêtres à motifs losangés verts. C'est seulement en 1907 que l'artiste Albert Welti a été chargé d'exécuter la fresque. Concernant le choix d'une scène représentant une « Landsgemeinde », Welti a écrit qu'il avait choisi la représentation de ce type d'assemblée populaire suisse parce que c'est l'institution qui représente au mieux les origines de notre Etat. La référence à la Confédération des Trois Cantons fondateurs met en valeur l'essence même de l'Assemblée qui siège ici et qui réunit les représentants des cantons.
Décédé en 1912, Welti n'a pu mener son projet à bien. Son ami Wilhelm Balmer a terminé la fresque entre 1912 et 1914. A l'ouverture de l'exposition nationale de 1914, au Kirchenfeld à Berne, l'œuvre était achevée et le grand public pouvait y accéder.
La salle dans laquelle nous nous trouvons est telle qu'elle se présentait en 1914. Elle comporte en prime une technologie de pointe. Il s'agit, à l'échelle suisse, d'une des seules salles affectées à un Parlement qui marie si judicieusement le moderne et l'ancien. Je suis heureuse aussi que l'accès à la salle soit facilité pour les handicapés. L'installation des nouvelles caméras télécommandées dissimule un peu la présence de la télévision sans pour autant gêner les opérations de prises de vues. Les nouvelles places de travail installées pour les parlementaires dans les anti-chambres sont également un atout.
Permettez-moi de remercier chaleureusement, au nom du Conseil des États, toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la restauration de la salle de notre « Chambre haute ». Je tiens à les assurer de notre gratitude. Une mention particulière s’adresse aux représentants de l'Office fédéral des constructions et de la logistique, à son directeur Monsieur Gustave E. Marchand, à l'architecte et maître de l’ouvrage, Monsieur Hans-Peter Seiler et Madame Monica Bilfinger, qui a apporté tout son savoir d'historienne de l'art à la réalisation du projet. J'aimerais enfin mentionner les représentants des Services du Parlement ainsi que mon collègue le vice-président Gian-Reto Plattner, qui se sont beaucoup investis dans le projet.
La salle du Conseil des États n'est pas une salle comme les autres. C'est un lieu où se réunissent les représentants des cantons afin de déterminer la politique de notre pays. C'est un lieu où se déroulent des débats, un lieu où s’élaborent des lois, où des décisions démocratiques sont prises, un lieu symbolique de notre démocratie. Malgré l'hospitalité tessinoise et la qualité des infrastructures d'un Palais des Congrès moderne, nous nous réjouissions de retrouver notre hémicycle.
Mesdames et Messieurs,
Grâce à votre professionnalisme, vous avez accompli un travail de haut niveau. L'intérêt que vous portiez au succès de l'opération n'avait d'égal que le souci manifesté par les personnes directement concernées. Votre fierté et votre flexibilité ont été telles que, même sous pression, vous avez œuvré sans relâche pour achever le travail selon le calendrier et dans les limites financières prévues. Vous avez prouvé que le label « qualité suisse » n'a rien perdu de son actualité. Je vous en félicite et vous exprime encore toute ma reconnaissance et mes remerciements sincères.
Deux devoirs me sont particulièrement agréables.
Tout d'abord, au nom du Parlement, je prends congé de Hans-Peter Seiler, qui prend une retraite bien méritée ces prochains jours. Pendant plus de trente ans, Monsieur Seiler a su allier professionnalisme et passion de haut niveau en sa qualité d'architecte au sein de l'ancien office fédéral des constructions, devenu aujourd'hui l'Office fédéral des constructions et de la logistique. En tant que maître d'ouvrage, il a gardé la haute main sur toutes les interventions exigeantes et sur tous les travaux de grande envergure de ces dernières décennies dans cet édifice. Une préoccupation majeure le hantait: la préservation de la substance historique et culturelle de cette grande maison, voire même la recherche ou la redécouverte de ces trésors victimes d'erreurs commises dans le passé. Monsieur Seiler, je vous remercie au nom du Parlement pour vos activités à l'intérieur et en faveur du Palais fédéral et je vous remets un souvenir de l'Assemblée fédérale. (Vifs applaudissements).
Et, en dernier lieu, je dévoilerai la partie la plus visible de ces rénovations. Il s'agit de la date « 1999 » qui s'ajoute à l'énumération des dates surmontant les colonnes dans cette salle et qui rappellent les étapes de l’histoire constitutionnelle de notre pays. En dévoilant cette inscription, nous avons fait le saut du XXe au XXIe siècle. La révision totale de la Constitution fédérale n'a pas été une tâche facile. Il s'agissait de concilier des institutions qui ont fait leurs preuves à la rapidité, à la diversité et aux contradictions d'une époque nouvelle. Je puis vous assurer que le Conseil des Etats continuera d'affronter les défis futurs auxquels la Suisse est confrontée et de trouver des solutions conformes à l’intérêt national (Applaudissements).