Mes chers et chères collègues,
Depuis la fin de notre dernière session, la situation au Proche-Orient s'est gravement détériorée. Le droit international a été grossièrement violé, les Conventions de Genève ont été foulées au pied, des attentats terroristes ont été perpétrés contre la population civile, des villes placées sous l'autorité palestinienne ont été occupées par l'armée israélienne.
Notre gouvernement s'est associé aux condamnations de ces agissements qui ont entraîné de trop nombreuses victimes. Plus près de nous, certaines violences sont motivées par les événements du Proche-Orient et opposent des communautés jusqu'alors paisibles.
La paix ne peut venir que du respect des décisions des Nations Unies, à savoir l'existence d'Israël et la création d'un Etat arabe en Palestine postulé dès 1947, le retrait des territoires occupés par Israël après la guerre des Six-jours en 1967, invitation réaffirmée après celle du Kippour en 1973.
Nous devons apporter notre soutien aux résolutions des Nations Unies adoptées en mars et avril de cette année. Ces résolutions demandent notamment la cession immédiate de tous les actes de violence, la reprise des négociations en vue d'une solution politique, la réalisation d'un cessez-le feu, le retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes, l'appui à la vision d'une région dans laquelle deux Etats vivraient côte à côte.
Le président Arafat doit être ainsi mis en mesure d'exercer normalement sa fonction à la tête de l'autorité palestinienne.
Nous appelons les parties à reprendre le chemin d'Oslo qui les a conduites le 13 septembre 1993 à signer l'accord si prometteur devant la Maison-Blanche. Seule la négociation peut conduire à une solution politique, condition d'une paix juste. Nous formons l'espoir que tous les efforts diplomatiques en cours parviennent à relancer le processus de paix.
Nous condamnons tous les actes de violences commis dans nos pays européens au nom des événements récents et saluons l'engagement et les initiatives de nombres de membres des communautés juives et arabes à construire ensemble la paix.
Avant d'être assassiné le 4 novembre 1995, le premier ministre Itzhak Rabin avait entonné le chant de la paix à Tel-Aviv: " Regardez devant vous avec espoir, et non à travers le viseur d'un fusil, chantez le chant de l'amour et pas celui de la guerre. Ne dites pas : " un jour viendra ", faites que ce jour vienne, car ce n'est pas un rêve, et sur toutes les places, saluez la paix, c'est pour cela qu'il faut chanter ".
Mesdames et Messieurs,
Je souhaite que les ennemis d'aujourd'hui, Israéliens et Palestiniens, s'inspirent dans leur comportement de l'appel que Rabin avait ainsi lancé ce jour-là et que la Suisse s'engage avec la communauté internationale à contribuer à l'établissement d'une paix juste donc durable.