Altesses Royales,
Monsieur le Président de la Confédération (Kaspar Villiger),
Madame le Vice-Premier Ministre (Lydie Polfer),
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
C'est avec une grande joie que nous vous accueillons au Parlement fédéral suisse. Votre visite permet de resserrer des liens d'amitié avec un pays pour lequel nous éprouvons une profonde sympathie.
Nous voulons dire notre admiration pour le Luxembourg, qui ravagé par la guerre, a su prendre très tôt part à la grande œuvre de construction de l'Europe. Le Luxembourg nous montre quelle peut être l'influence d'un petit pays. Par deux fois, d'éminents hommes d'Etat luxembourgeois ont présidé la Commission européenne. M. Gaston Thorn, puis M. Jacques Santer.
Avant ces personnalités contemporaines, il faut aussi rappeler le rôle de l'ancien premier ministre Joseph Bech, l'un des pères fondateurs de l'Europe, qui a toujours veillé à ce que l'identité des nations soit respectée. La génération suivante a donné à l'Europe un Pierre Werner, l'auteur du premier plan de la monnaie unique qui est maintenant entré dans la vie quotidienne des habitants de douze pays d'Europe.
La force d'un pays ne se mesure pas au nombre de ses kilomètres carrés ni à celui de ses habitants. Elle se mesure parfois à son PNB, mais bien davantage à l'engagement de ses citoyens pour un idéal. Le Luxembourg, au cœur de l'UE, se doit de déployer un effort d'autant plus grand d'enracinement, de prise de conscience et d'affirmation de son identité que la géographie, l'histoire, l'économie et les progrès de la technologie l'ouvrent au rayonnement de ses grands voisins.
La devise du Luxembourg est " Nous voulons rester ce que nous sommes " (Mir wölle bleiwe wat mir sin). Cette devise, nous pourrions aussi l'adopter. De la même façon, notre devise " Un pour tous, tous pour un " pourrait être celle de l'Union européenne...
Son histoire tragique a conduit le Luxembourg à accélérer le rythme de sa participation à la construction politique du continent alors que notre propre histoire exerçait un frein au rapprochement de la Suisse et de l'Europe. Je ne doute pas que nous ferons partie de cette grande famille des peuples d'Europe. La Suisse et l'Union européenne ont achevé leurs premières négociations bilatérales. Les accords entreront en vigueur dans une semaine.
Nos deux pays ont bien des points communs. Comme la Suisse, le Luxembourg est une terre de contact des civilisations française et allemande.
Le " Lëtzebuergesch " comme le " Schwyzerdütsch " est la langue de gens qui entendent marquer leur identité. Nous rivalisons pour le nombre de banques. Nous regardons les étranges lucarnes de R.T.L. autant que celles de la DRS. Mais le lien le plus important à nos yeux et dans nos cœurs est que vous, Monseigneur, ayez trouvé en Suisse une compagne pour la vie en la personne de Maria Teresa Mestre alors que vous fréquentiez l'Université de Genève, ma ville !
Que vive l'amitié entre nos deux pays.