Es gilt das gesprochene Wort/ la version orale fait foi
Monsieur le Président de la Confédération,
Monsieur le Président du Conseil d’Etat,
Monsieur le Syndic de la Ville de Fribourg,
Mesdames et Messieurs,
Introduction
Je me souviens des innombrables fois ou je suis venu ici, sur cette place de l’hôtel de ville, parce que c’était jour de marché, ou parce que s’y tenait une manifestation particulière, ou encore pour rejoindre l’assemblée constituante fribourgeoise, qui se réunissait juste là, dans l’hôtel cantonal.
C’est donc avec une certaine émotion que je m’exprime devant vous. Avec l’émotion que procure l’attachement à un lieu, à des gens, à des moments vécus ici. Avec ces racines qui grandissent au fil du temps.
Et en écoutant tout à l’heure le Président de la Confédération, je me disais que ce qui fait qu’une communauté existe, c’est l’estime et l’attention que se portent ses membres. Monsieur le Président de la Confédération, vous êtes aussi un peu fribourgeois, vous nous l’avez dit, parce que vous avez dans notre canton des contacts, parce que vous y avez fait des rencontres et on sent bien que vous vous sentez ici à la maison.
Je souhaite remercier le Conseil d’Etat fribourgeois de son invitation à cet acte officiel. Le gouvernement cantonal a placé son invitation sous le thème de la touche fribourgeoise. Avec ces touches de noir et de blanc, qui rythment la journée, qui nous rappelle les touches d’un piano, blanches et noires, et qui nous rappelle également le drapeau fribourgeois, ou qui rappellent encore des photos anciennes, avec lesquelles on se plonge en quelques secondes dans l’histoire récente de notre canton.
L’importance de la mémoire, se souvenir d’où l’on vient pour savoir ou l’on va
Mesdames et Messieurs,
Cultiver la mémoire, ce n’est pas cultiver le passé. Cultiver la mémoire, c’est préparer l’avenir. C’est connaitre notre histoire commune pour y puiser des ressources, pour nourrir la réflexion d’aujourd’hui, pour la vie sociale, politique et économique d’un canton ou d’un pays.
C’est encore plus prenant lorsqu’on peut y mettre des images. Nous avons la chance à Fribourg d’avoir un patrimoine photographique extrêmement riche, de pouvoir bénéficier d’une mémoire visuelle très importante, portée par les images des Mulhauser ou Thévoz. Fribourg en noir et blanc, c’est aussi toute l’histoire des photographes, qui ont documenté le siècle passé, qui ont mis en évidence les contrastes de notre canton. Qui ont parfois, avec un œil ironique, mis en évidence les petits événements ou les anecdotes qui font le piment de cette histoire.
Je suis très attaché à la compréhension du passé parce qu’on y trouve les clés de l’avenir.
Et c’est justement vers l’avenir que nous devons regarder.
• Comment assurer que solidarité, égalité et justice ne soient pas que des mots mais qu’ils continuent de guider les choix politiques ?
• Comment faire pour poursuivre sur le chemin de l’intégration de toutes les parties de la société ?
• Comment agir pour bien placer la Suisse face aux évolutions internationales ?
La pérennité des institutions comme ciment national
Je dois vous dire que j’ai bien sûr un immense respect pour la tâche que mes collègues du Conseil des Etats m’ont confiée. Mais pas seulement du respect, aussi le sens de la responsabilité qui m’est confiée. La responsabilité de mener durant une année l’une des grandes institutions de notre pays.
Le Conseil des Etats est parfois considéré comme un élément de stabilité dans un pays d’une grande stabilité. Mais stabilité ne doit pas signifier immobilisme. Au contraire, tout change et se reconstruit continuellement.
La société évolue très rapidement. Ce qui pouvait paraitre insensé il y a quelques années est aujourd’hui accepté largement. Soigner la stabilité signifie trouver l’équilibre dans le mouvement. C’est à cela que servent les institutions, c’est à cela que nous devons penser en agissant.
Cela nécessite un fort engagement, beaucoup de temps et d’énergie. Cela implique de jouer face à l’exécutif un rôle de contrepoids, parfois de mise en question qui pousse les uns et les autres à présenter tous les arguments à la hauteur des ambitions que nous avons pour notre pays. De cette dialectique peuvent émerger des idées, des projets, des solutions qui répondent aux attentes légitimes que les habitantes et habitants de notre pays ont envers la politique fédérale.
J’ai le privilège, pour une année entière, de devenir en quelque sorte l’arbitre du Conseil des Etats. Un peu pour la forme, il faut le dire, parce que les tacles par derrière, les jeux de la main et les blessures simulées n’y ont presque pas cours.
Honneur pour Fribourg, pour moi et pour ma famille
C’est pour moi une tâche importante et c’est aussi un grand honneur. Et si je peux remplir cette tache, c’est à ma famille que je le dois. En particulier à mon épouse, Muriel, avec qui je forme une équipe depuis 13 ans, avec nos trois enfants, Antoine, Achille et Apolline. En passant de 2 à 5, on avait l’ambition de pouvoir faire une équipe de basket, mais il faudra pour cela attendre que les enfants grandissent encore un peu. Merci, Muriel, de ton soutien infaillible, de ton amour, de ta présence en particulier dans les moments plus difficiles.
Quand je pense à ma famille, c’est aussi à mes parents, Michel et Solange, pour tout ce qu’ils m’ont appris et pour le modèle qu’ils représentent pour moi.
Egalité, solidarité, justice, les piliers de la vie en société
Au moment de terminer mon intervention, je tiens à vous dire l’admiration que je porte à mon grand-père, François Angéloz, qui est ici aujourd’hui. Son engagement est à l’origine du mien. Les valeurs qu’il a défendues comme secrétaire communal, comme syndic puis comme député sont celles qui guident mon action aujourd’hui. Il a 84 ans, il a vu changer le canton de Fribourg et la Suisse depuis le début du siècle passé.
• Depuis la période durant laquelle l’ensemble du continent européen était en guerre jusqu’à la construction de l’Europe comme antidote aux conflits,
• Depuis la semaine de travail de 6 jours et l’absence de vacances jusqu’à une société qui laisse de la place aux loisirs ;
• Depuis l’absence presque totale d’assurances sociales jusqu’à la création des piliers sociaux qui soutiennent aujourd’hui la solidarité sociale et la cohésion nationale.
• Depuis l’absence quasi-totale de moyens de communication et d’information jusqu’à l’ère d’internet, qu’il a d’ailleurs appris à utiliser.
Tout cela nous rappelle à quel point les progrès ont été importants durant le XXè siècle. A quel point des conditions parfois très rudes ont incité nos prédécesseurs à se rassembler, à chercher ensemble les moyens de construire un avenir commun.
La Suisse forme une communauté, une communauté qui est diverse mais qui est unie, une communauté qui partage un destin. Un chemin qu’elle choisit et qu’elle construit avec la régularité d’une horloge.
Mesdames et Messieurs,
Je suis très touché de votre présence aujourd’hui. Je vous dois le privilège de représenter la population fribourgeoise au Conseil des Etats, je vous dois la chance de participer à la construction de la Suisse d’aujourd’hui et de demain au cœur de la politique fédérale, je vous dois de pouvoir me consacrer entièrement à ces tâches qui sont passionnantes et qui, d’une manière ou d’une autre, ont des conséquences pour nous toutes et tous.
Merci de votre soutien, merci de votre attention.