Politique forestière

La Confédération doit promouvoir la vente de bois suisse. Elle doit aussi montrer l'exemple en encourageant son utilisation pour des bâtiments publics. Le National a maintenu mercredi ses exigences dans la révision de la loi sur les forêts.L'objet retourne au Conseil des Etats. Sur les quatre divergences restantes, la principale concerne la promotion du bois suisse. "Il faut soutenir la filière bois du pays, car elle est soumise à une très forte concurrence étrangère", a souligné Daniel Fässler (PDC/AI).Une majorité UDC, ralliant plusieurs élus des rangs PLR et PS, ont approuvé ce coup de pouce par 118 voix contre 71. La cheffe du Département fédéral de l'environnement Doris Leuthard n'a rien pu faire en répétant que la Suisse violerait les règles de l'OMC.La Chambre du peuple est également favorable à ce que la Confédération joue un rôle d'exemple. Par 104 voix contre 84, les députés demandent qu'elle encourage l'utilisation du bois suisse pour les bâtiments qu'elle finance.La Confédération devra veiller à recourir à la production indigène uniquement pour ses installations afin de ne pas empiéter sur l'autonomie des cantons et des communes. Le Conseil des Etats qui aurait voulu préciser que ce soutien soit conditionné à une production durable n'a pas été suivi sur ce point.Nouvelle subvention pour les dessertesDans le même esprit de soutien au secteur forestier, une majorité s'est détachée (97 voix contre 88) pour que la Confédération finance la remise en état des chemins de desserte. Bien que le surcoût soit estimé entre 6 et 8 millions de francs par année pour les finances fédérales, il s'agit ici de "la base nécessaire à la récolte du bois surtout dans les régions montagneuses", a déclaré Albert Rösti (UDC/BE).Doris Leuthard s'est insurgée contre "cette nouvelle subvention". Selon elle, c'est un domaine qui relève clairement des cantons et il ne faut pas introduire de petites exceptions à la règle du partage des tâches.Enfin, la sécurité au travail ne sera pas non plus renforcée. La majorité (121 voix contre 63) a maintenu son refus d'imposer aux propriétaires de forêts de s'assurer que les personnes qui exécutent les travaux possèdent une formation spécifique reconnue.Pas d'exigences pour réduire les accidentsLes députés majoritairement UDC et PLR n'ont de même pas voulu du compromis proposé par le Conseil des Etats prévoyant un délai transitoire de cinq ans qui permettrait aux mandataires de se mettre aux normes. Ils souhaitent une législation souple et légère.La conseillère fédérale a plaidé en vain pour rendre obligatoires les cours aujourd'hui facultatifs. La sylviculture est l'un des métiers les plus dangereux avec 300 accidents pour 1000 équivalents plein-temps, a-t-elle rappelé. Il y a trois fois plus d'accidents que dans les autres professions sous mandat avec la Suva.La révision de la loi s'inscrit dans le cadre de la Politique forestière 2020.