Transport de plutonium

Les 20 kg de plutonium transférés aux Etats-Unis sont stockés dans une centrale américaine "de manière sûre", a assuré, sans en dire davantage, Johann Schneider-Amman lundi devant le National. L'information au public a dû être anticipée pour éviter une fuite dans la presse.Répondant aux questions des Verts zurichois Balthasar Glättli et bernoise Regula Rytz, le président de la Confédération a démenti que le transport a été effectué dans le cadre d'une opération clandestine à l'insu du Conseil fédéral. Ce dernier a décidé en mai 2014 de liquider le plutonium stocké sur le site de l’actuel Institut Paul Scherrer (IPS) en Argovie.Les Etats-Unis avaient fait une proposition pour reprendre ce stock, il y a deux ou trois ans, selon le ministre de l'économie. "Pour des raisons de sécurité", un minimum de personnes étaient au courant du transport, effectué début janvier, avant que l'opération n'ait eu lieu. Conformément aux réglementations nationales et internationales, les autorités n'informent pas le public au préalable.Fuite à éviterL'ensemble du Conseil fédéral aurait dû être informé le 4 mars que le transfert a eu lieu. Puis un communiqué aurait été publié. Mais vu que des médias ont posé des questions à ce sujet, le Départemennt fédéral de l'économie a anticipé au 26 février l'information au public. Johann Schneider-Ammann ne connaît pas l'origine de la fuite mais aucune enquête ne sera menée.Le Parlement était au courant de l'existence de ce stock de plutonium, a ajouté le président de la Confédération, précisant qu'il avait été mentionné dans une réponse du gouvernement en juin 2013. Et d'ajouter que ce plutonium n'aurait pas pu être stocké en Suisse dans un dépôt en couches profondes. Le transfert aux Etats-Unis a coûté 10 millions de francs à la Confédération.Le matériel était stocké depuis les années 1960 sur le site de l’actuel IPS. Le plutonium provenait de barres de combustibles retraitées du réacteur de recherche Diorit, exploité de 1960 à 1977.Selon la Confédération, il devait servir au développement d’une nouvelle génération de combustibles pour les centrales nucléaires. Plusieurs médias ont souligné qu'une telle quantité de plutonium pouvait servir à construire quatre bombes atomiques.