Politique forestière

Les Chambres fédérales ne sont toujours pas d'accord sur la révision de la loi sur les forêts. Le National a bien rallié la Chambre des cantons sur plusieurs points, mais il n'a pas plié sur les exigences supplémentaires en matière de formation. L'objet part en conférence de conciliation.Pour les élus PLR et UDC, pas question de transiger sur cette disposition. "Les professionnels du bois sont aujourd'hui bien formés et tout est déjà réglé par voie d'ordonnance pour les exploitants non professionnels comme les agriculteurs", a plaidé avec succès Peter Schilliger (PLR/LU).Une majorité de 98 députés contre 96 a suivi son point de vue. Ce niet à la raclette vaut également pour le délai transitoire de 5 ans qui aurait dû permettre aux mandataires de se mettre aux normes.Pour le reste, le National s'est plié aux vues des sénateurs. La promotion du "bois suisse" ne sera finalement pas inscrite noir sur blanc dans la loi révisée sur les forêts et la formulation est ainsi conforme à l'OMC.Par 98 voix contre 96, la Chambre du peuple s'est aussi rangée à l'avis des sénateurs pour que la Confédération encourage le bois uniquement pour ses propres bâtiments et installations. Imposer le recours au bois à l'ensemble des bâtiments financés par la Confédération, comme des paravalanches ou des murs anti-bruit se révélerait bien trop cher et compliqué. Là aussi, les députés ont renoncé à inscrire dans la loi l'encouragement au "bois suisse".Enfin, pour les chemins de desserte, le National a suivi tacitement le compromis du Conseil des Etats. La Confédération devra à l'avenir soutenir l'adaptation ou la remise en état de ces chemins. Mais elle ne participera pas à la construction de nouveaux accès forestiers.La révision de la loi sur les forêts vise à accroître l'exploitation forestière après des décennies de sous-exploitation. Elle s'inscrit dans le cadre de la Politique forestière 2020. L'objectif général est de répondre aux défis que représentent les organismes nuisibles, les changements climatiques ou la situation économique difficile des exploitants.