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Franc fort, montée du chômage, désindustrialisation: le National a tenu mercredi un débat urgent sur ces thèmes, mais sans mesure concrète à la clé. Malgré les appels du pied d’élus de tous bords, le Conseil fédéral campe sur ses positions et ne veut pas de proposition choc.Le Conseil fédéral admet que l'abandon par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher liant l'euro et la devise helvétique met l'économie à mal, mais il pense que tout se réglera sans rien faire, a vilipendé Corrado Pardini (PS/BE). Sa devise, rester les bras ballants, a-t-il interrogé.Une passivité inacceptable, a renchéri Louis Schelbert (Verts/LU). Le gouvernement embellit la réalité, alors qu'il faut d'urgence mettre en place des mesures efficaces contre le franc fort, a-t-il plaidé.La réintroduction par exemple d'un taux plancher est de la compétence de la BNS, a répondu le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann. Le Conseil fédéral ne peut influer sur la politique monétaire. Et d'avertir: si la politique perd confiance en la BNS et enlève son indépendance, ce ne serait pas un bon signal dans une économie libérale.Far WestEn attendant, la désindustrialisation et le franc fort font perdre leur emploi à des milliers de personnes, a lancé Balthasar Glättli (Verts/ZH). Depuis le début de la crise du franc, ce sont entre 20'000 et 30'000 places de travail qui ont disparu, a affirmé Corrado Pardini.Résultat, certaines entreprises réduisent les salaires et allongent les temps de travail, mais il faut éviter que cela ne devienne la règle. "Il n’est pas question de transformer le marché de l’emploi en Far West", dénoncent les Verts.Et cela n'est pas près de s'arrêter: "les délocalisations d'entreprises ont bel et bien lieu", a abondé Dominique de Buman (PDC/FR). "Une désindustrialisation rampante est à l'œuvre", met en garde le camp rose-vert.Certes, la problématique de la désindustrialisation existe et de nombreuses firmes ont dû adapter leurs structures, a admis Johann Schneider-Ammann. Mais beaucoup d'autres ont décidé d'investir.Et le rachat du groupe bâlois d'agrochimie Syngenta par le géant chinois de la chimie ChemChina "n'est pas une catastrophe" aux yeux du président de la Confédération, car "c'est quand même un investisseur qui vient en Suisse". Le savoir-faire est là et ne semble pas vouloir partir en Chine par exemple.Non à un taux de TVA uniquePour s'assurer que les entreprises restent bien en Suisse, il faut les soulager, estime le PLR. Et à ce titre, l’introduction d’un taux de TVA unique serait une mesure efficace, a expliqué la Schwyzoise Petra Gössi, en défendant une motion en ce sens.Le succès de la Suisse repose sur un marché du travail flexible et libéral, a souligné la future présidente du parti. Il faut stopper le PS et toutes ces initiatives qui vont à l'encontre de l'économie, a pesté Christian Lüscher (PLR/GE).Ce parti est "le serial killer de l'emploi". Malgré sa diatribe à l'encontre du parti à la rose, le Genevois n'a pas reçu le soutien escompté. La motion des libéraux-radicaux a été balayée par 134 voix contre 49.ChahutageA la place, l'élu a été chahuté et la présidente de la Chambre du peuple Christa Markwalder (PLR/BE) a dû rappeler que les débats étaient diffusés à la télévision alémanique SRF.Niet également à la motion de l'UDC qui demandait que les dépenses de la Confédération soient freinées (115 voix contre 69). La croissance moyenne des dépenses de la Confédération et la croissance économique évoluent dans un sens diamétralement opposé, a critiqué le Zurichois Thomas Matter.Les dépenses de la Confédération ne doivent pas dépasser la moyenne mobile du produit intérieur brut (PIB), a-t-il plaidé. Ce constat est exact si l'on tient compte des 20 dernières années, a rétorqué le ministre des finances Ueli Maurer, mais ce n'est plus le cas pour les dix dernières années.