Aliments importés

La mention "issu d'un mode d'élevage, de chasse ou d'abattage non conforme à la loi suisse" n'apparaîtra pas dans les rayons alimentaires ni sur les menus des restaurants. Par 99 voix contre 87, le National a repoussé mercredi cette idée.Le projet émanait de l'ancien conseiller national Pierre Rusconi (UDC/TI). Selon lui, une nouvelle étiquette devrait être apposée sur les produits d'animaux abattus, importés, destinés à la consommation humaine et produits selon d'autres standards que ceux de la loi sur la protection des animaux suisse.Elle devrait être placée de manière visible sur tous les emballages concernés, sur les produits vendus en vrac ainsi que sur les cartes des mets. L'ancien député veut ainsi aider les consommateurs à ne pas soutenir sans le vouloir l'importation de marchandises issues d'animaux maltraités.Il s'agit de rendre la déclaration des produits transparente, a plaidé en vain Martina Munz (PS/SH) au nom de la commission. Et de rappeler que les agriculteurs suisses doivent faire face à de fortes contraintes en matière de réglementation relative à la production de viande."Pourquoi eux et pas les autres ?", a renchéri Pierre-André Page (UDC/FR). La Chine, les Etats-Unis et l'Amérique latine n'ont pas des prescriptions minimales. Il faudrait donc prévoir une déclaration négative pour les produits importés qui ne respectent pas les standards suisses. "Cela incitera à consommer régional !"Trop compliquéLa majorité a quant à elle jugé que le droit en vigueur suffisait. Ce projet ne fera que renforcer la bureaucratie, a fait valoir Andrea Gmür (PDC/LU). Il sera très difficile de mettre en oeuvre ce nouveau système et de s'assurer les contrôles nécessaires à l'étranger.La mise en œuvre de l’initiative constitue un défi, eu égard aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et à la question de la traçabilité de la production de viande et de poisson.Selon la Lucernoise, le consommateur sait que les conditions de production ne sont pas les mêmes hors des frontières. Mais le prix a aussi un impact sur ses achats.