Embouteillages chroniques, installations datant pour certaines des années 70: les infrastructures routières ont besoin d'investissement. A cette fin, le Conseil fédéral veut créer le fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). Le projet a été approuvé par la Chambre du peuple par 173 voix contre 8.
Après le Conseil des Etats, le National a décidé qu'il sera financé via l'impôt sur les huiles minérales. La part réservée pour la route passera de 50 à 60%. Cette augmentation doit compenser une hausse moindre de la surtaxe sur l'essence. Tous les partis ont jugé une adaptation nécessaire, sauf l'UDC.
Essence plus chère
Au fil des technologies, les voitures ont consommé moins d'essence. Un bienfait, mais qui vide les caisses fédérales, a soulevé Martin Candinas (PDC/GR). On aura un problème de financement dès 2018-19, a précisé la conseillère fédérale Doris Leuthard.
Après tout, la surtaxe sur les carburants n'a plus été adaptée depuis 1974, selon Bernhard Guhl (PBD/AG). "Les automobilistes paient donc moins que leurs parents et grands-parents. Il faut adapter les prix", a défendu la ministre des transports.
La droit a cependant préféré limiter l'augmentation à 4 centimes (pour atteindre 34 centimes), plutôt que les 6 souhaités par le Conseil fédéral, la gauche et les Vert'libéraux. Il ne faut pas trop l'augmenter, afin d'éviter le tourisme frontalier, a souligné Thierry Burkart (PLR/AG).
La majorité a aussi refusé par 131 voix contre 63 que le Conseil fédéral puisse revoir la surtaxe à la hausse en cas de besoin. Pas question non plus d'adapter l'impôt sur les huiles minérales en fonction du renchérissement (111 voix contre 81).
Vélos et trams inclus
La gauche et les écologistes ont cependant été entendus concernant l'intégration dans le fonds routiers des projets de mobilité douce, de trams et de métros dans les agglomérations. La majorité a accepté à l'unanimité d'intégrer l'ensemble des moyens de transport dans FORTA, contre l'avis de l'UDC.
"Selon l'endroit et la situation, le moyen de transport le plus adapté doit être privilégié", a défendu Kurt Fluri (PLR/SO). "Si on priorise la route, on court à la catastrophe: ça signifie des kilomètres de bouchons avant l'entrée des villes", a averti le syndic de Lausanne et conseiller national Daniel Brélaz (Verts/VD).
"Mais il s'agit d'un fonds pour la route! Il faut donc être très précis sur ce qu'on soutient ou pas", a défendu Ulrich Giezendanner (UDC/AG). Sans succès: la majorité a rejeté plusieurs propositions de l'UDC rallié par des PLR, visant à restreindre l'utilisation du fonds au trafic routier. Pas question toutefois de donner un coup de pouce supplémentaire à la mobilité douce, comme le réclamait la gauche.
Finalement, le National a décidé de soutenir l'installation de bornes pour les voitures électriques sur les aires de repos d'autoroute.