Le Conseil fédéral et le Parlement ont fixé quatre priorités: favoriser la relève scientifique, la formation professionnelle, la formation des médecins et soutenir l'innovation. "Si nous lésinons sur les deniers publics dans ces domaines, notre croissance et notre vitalité en pâtiront", a argumenté la socialiste vaudoise Géraldine Savary.
Les incertitudes qui entourent la Suisse, comme le franc fort, le manque de personnel qualifié ou la participation à Horizon 2020, sont fortes. "Nous ne pouvons pas nous permettre de faire des économies dans ce domaine", lui a emboîté le pas son collègue de parti Didier Berberat (NE).
100 millions pour la formation
Premier domaine concerné, la formation professionnelle. Le Conseil fédéral et le National ont prévu un montant total de 3,63 milliards de francs. Trop peu, aux yeux d'une majorité de conseillers d'Etat: le plafond doit être augmenté de 100 millions.
Ainsi, on évitera un report sur les cantons des dépenses qui apparaîtront ces prochaines années dans le domaine de la formation professionnelle, a dit l'UDC Hannes Germann (SH). Une minorité de gauche a plaidé en vain pour une hausse supplémentaire, de 286 millions de francs.
Une autre minorité, emmenée par l'UDC glaronnais Werner Hösli, voulait s'en tenir au projet du Conseil fédéral. On doit se prononcer sur des augmentations plus ou moins fortes, pas sur des coupes, a abondé Thomas Hefti (PLR/GL). Le montant de 25,99 milliards reste très important. "On peut acheter un peu moins de chocolat tout en ayant autant de calories", a-t-il illustré.
La Confédération n'est qu'un des acteurs, a aussi rappelé le ministre de la formation Johann Schneider-Ammann. Et son budget doit être à l'équilibre. Le système doit être financièrement solide à long terme, a-t-il plaidé en vain.
Dans la foulée, la majorité des sénateurs a aussi souhaité corriger la loi sur la formation professionnelle. Les subventions prévues pour les personnes ayant achevé des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux ou fédéraux supérieurs devraient être désormais versées annuellement.
Série de rallonges
Le Conseil des Etats veut aussi ouvrir les cordons de la bourse pour les écoles polytechniques fédérales. Elles sont le coeur et l'élite du système de recherche et d'innovation de la Suisse, selon le PLR zurichois Ruedi Noser.
Il est donc justifié de leur attribuer 160 millions de plus que ce que prévoyait le gouvernement et le National. Au total, elles devraient recevoir 10,34 milliards pour la période 2017-2020, a estimé la majorité.
Ces établissements devraient en outre pouvoir fixer plus librement leurs taxes d'études et restreindre l'admission des étudiants étrangers.
Les crédits doivent aussi être augmentés dans d'autres domaines. Les universités et les hautes écoles spécialisées (HES) devraient disposer, dans la perspective de la relève scientifique, de 95 millions supplémentaires.
Au total, les universités devraient recevoir 2,8 milliards, et les HES 2,19 milliards. Les établissements de recherche d'importance nationale devraient eux bénéficier de 422 millions, soit 40 millions de plus.
FNS à 4 milliards
Dans plusieurs domaines, la Chambre des cantons s'est par contre ralliée à celle du peuple et au projet du Conseil fédéral: le Fonds national suisse (FNS) pourra compter sur 4,15 milliards de francs. La commission pour la technologie et l'innovation obtient 946,2 millions. Le montant prévu pour la coopération internationale dans le domaine de la recherche et de l'innovation atteint 761,3 millions.
Une minorité de gauche a tenté à plusieurs reprises d'augmenter les plafonds prévus par le Conseil fédéral, sans succès. La formation continue se voit ainsi gratifiée de 25,7 millions. Une enveloppe de 101,9 millions est prévue pour les contributions allouées aux cantons pour les bourses et prêts.
Le dossier retourne au Conseil national. Il se saisira des points de désaccord jeudi.