Un double national, chargé par exemple de négocier avec un Etat étranger de questions portant sur la fiscalité, fera nécessairement face à de gros conflits d'intérêts, a illustré le motionnaire Peter Keller (UDC/NW).
Ce dernier évoquait un article de presse selon lequel le Conseil fédéral envisage, par le biais d'une révision de l'ordonnance sur le personnel de la Confédération, d'engager des binationaux comme diplomates.
Le chef du Département fédéral des affaires étrangères Didier Burkhalter a défendu ce projet, qui n'est toutefois pas encore prêt. Aujourd'hui, il y a inégalité de traitement: au Secrétariat d'Etat à l'économie, des binationaux traitent avec l'étranger au même niveau que des personnes du DFAE.
Il est également impossible de renoncer à certaines nationalités. De plus, il est clair qu'un binational ne sera pas envoyé en mission dans le pays dont il a également la nationalité, a expliqué le ministre.
Une réalité de la société
Mais surtout, a argumenté Didier Burkhalter, il s'agit d'une réalité de notre société: un tiers des stagiaires diplomatiques possèdent aujourd'hui une autre nationalité en plus de l'helvétique.
On ne peut pas, comme le fait la motion, supputer une loyauté moindre envers la Suisse chez les citoyens à double nationalité. Un double national n'est pas automatiquement moins loyal.