Ces négociations devraient viser à conditionner le lancement de nouveaux projets d'aide au développement en Erythrée au respect des droits de l'homme dans le pays. Dans le même temps, l'accès des organisations internationales doit être garanti pour qu'elles puissent évaluer le respect de ces droits.
Si la situation est jugée satisfaisante, l'octroi de l'aide sera aussi conditionné par un accord de réadmission avec la Suisse. Il n'existe toujours pas de conditions en ce sens, ce qui montre bien que la motion est nécessaire, a noté Kurt Fluri (PLR/SO), suivi par la droite.
La motion pose un problème de taille: le Conseil fédéral ne peut pas garantir un succès, a martelé en vain le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter. Pour mener des négociations, il faut l'accord des deux parties, et l'Erythrée n'est pas prête.
Pas d'accès aux prisons
Le pays africain ne cesse de revenir sur le tapis au Parlement. Le Conseil fédéral pointe son non-respect des droits de l'homme. Le Comité international de la Croix-rouge ne peut plus mettre un pied dans les prisons d'Erythrée depuis dix ans. Des progrès ne seront possibles que quand cette situation évoluera, a martelé M. Burkhalter.
La Suisse a fourni une aide au développement à l'Erythrée jusqu'en 2006. Le programme a ensuite été abandonné, car les conditions permettant un contrôle des prestations d'aide n'étaient plus réunies. Du matériel amené à titre humanitaire a par exemple été saisi par des militaires érythréens.