(ats) Les Suisses ne doivent pas réduire leur consommation de courant au niveau de 2011. Après le National, le Conseil des Etats a rejeté l'initiative "efficacité électrique". Les initiants décideront à la fin du débat sur la stratégie énergétique s'ils retirent leur texte.

Les sénateurs ont recommandé le rejet de l'initiative "pour un approvisionnement en électricité sûr et économique" par 24 voix contre 16. Les Chambres ont ainsi clairement indiqué qu'elles refusaient d'inscrire des objectifs concrets dans la constitution, comme l'exige le texte, et préféraient miser sur la stratégie énergétique 2050, débattue actuellement au Parlement.

L'initiative se concentre uniquement sur le secteur électrique, alors que la stratégie englobe l'ensemble de la production d'énergie, a revendiqué Ivo Bischofberger (PDC/AI), suivi par la majorité. Les débats qui ont cours n'évoquent pas seulement la consommation d'électricité, a abondé la ministre de l'énergie Doris Leuthard, appelant les initiants à économiser une votation.

Selon les auteurs du texte, un tiers du courant électrique produit dans le pays est perdu. Il serait dès lors possible d'économiser 19 térawatt-heures (TWh) par an, surtout en matière d'éclairage et dans l'utilisation par les industries. La consommation en 2035 devrait ainsi être stabilisée au niveau de celle de 2011, soit à 58,5 TWh.

Jusqu'au bout

La Stratégie énergétique 2050 prône elle aussi un recul de la consommation moyenne finale d'énergie. Mais elle le mesure autrement: pour l'électricité, chaque personne devrait consommer 3% de moins de courant d'ici 2020 et 13% de moins d'ici 2035 par rapport à l'an 2000.

Les initiants estiment que leur texte vise le même but. Ils espéraient toutefois une acceptation de l'initiative, au cas où la stratégie serait attaquée dans les ultimes votations parlementaires.

"Recommander un oui permettrait de maintenir la pression sur la loi énergétique en discussion au Parlement", a déclaré en vain Ruedi Noser (PLR/ZH), par ailleurs président du comité d'initiative. De son côté, Pascale Bruderer (PS/AG) a dit craindre que la loi actuellement en discussion n'aille pas assez loin.

Retrait en question

M. Noser a évoqué un possible retrait du texte si la stratégie passe le cap en intégrant l'efficacité énergétique. Mais en attendant une pesée des intérêts, l'initiative reste d'actualité, a complété Didier Berberat (PS/NE). Le Neuchâtelois a déploré que le principe du bonus-malus pour récompenser les sociétés s'efforçant d'économiser l'énergie ait été abandonné dans la stratégie.

Déposée en 2013, l'initiative était en son temps soutenue par les représentants de tous les partis politiques. Elle avait obtenu un succès d'estime: plus de 128'000 signatures avaient été récoltées en sept mois. Le National a rejeté à la mi-mars le texte par 106 voix contre 71.

La stratégie énergétique 2050 devrait être mise sous toit à la fin de l'actuelle session parlementaire.