(ats) Les veufs ou les veuves qui ont des enfants, divorcés ou pas, devraient recevoir une rente, bien que réduite. Le National a repêché par 128 voix contre 67 cette mesure écartée par les sénateurs. L'UDC a échoué à durcir encore les critères.

La majorité n'a pas voulu supprimer les rentes à la majorité des enfants, comme le demandait l'UDC. Elle a estimé important de continuer à soutenir les jeunes en formation.

Evolution de la société

Les études montrent que les femmes qui se retrouvent seules avec des enfants ont des difficultés financières, a expliqué Beat Flach (PVL/AG). "Par contre, les veuves qui n'ont pas d'enfant ou plus d'enfants à charge n'ont plus besoin de cette rente d'un autre temps." La société a beaucoup évolué et il faut en tenir compte, a ajouté le ministre des assurances sociales Alain Berset.

Les veuves sans enfant ne seront plus soutenues. Les socialistes auraient voulu adoucir la transition pour celles qui ont bénéficié d'une rente, et la verront disparaître à l'orée de la retraite. Sans succès: leur proposition a été refusée par 140 voix contre 55.

Fin de la rente pour enfant

La majorité a biffé par 128 voix contre 66 la rente pour enfant, allouée aux rentiers AVS ayant des enfants mineurs ou en formation jusqu'à 25 ans, au dam de la gauche et du PDC.

Cette rente, mise en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, n'est plus adaptée à notre réalité. De plus, elle profite principalement à des ménages à haut revenu, a assuré Isabelle Moret (PLR/VD), au nom de la commission. "Ce sont souvent des pères qui n'ont pas besoin de cet argent qui en bénéficient", a argumenté Bruno Pezzatti (PLR/ZG).

La gauche a combattu en vain cette suppression. "Les enfants de parents plus âgés seraient défavorisés alors qu'ils ne sont pas responsables de cette situation", a remarqué Christine Häsler (Verts/BE).

Les orphelins en formation devraient continuer à recevoir une rente. La majorité a largement refusé une proposition de l'UDC visant à couper dans cette aide.

Retraite en Thaïlande

L'udc aurait voulu que la rente des retraités suisses vivant à l'étranger soit réduite au niveau du pouvoir d'achat du pays dans lequel ils résident. La situation est injuste par rapport à ceux qui vivent en Suisse, a défendu Thomas de Courten (UDC/BL).

"Les Suisses qui vivent à l'étranger seraient durement touchés par cette mesure", a dénoncé Yvonne Feri (PS/AG). Environ 80 rentes sont actuellement versées à l'étranger. C'est trop peu pour avoir un impact sur les finances de l'AVS, a souligné Alain Berset. Le National l'a suivi par 127 voix contre 65, refusant de pénaliser les retraités à l'étranger.

Par 139 voix contre 56, la majorité a par contre décidé que les orphelins qui n'habitent plus en Suisse ne devraient plus recevoir de rente ni d'argent de l'assurance invalidité. Restriction similaire pour les enfants adoptés qui ne vivraient plus en Suisse.

Les débats continuent. La Chambre du peuple va à présent discuter du mécanisme permettant un relèvement automatique de l'âge de la retraite à 67 ans en cas de déficit du fonds AVS.