Pour la droite, il s'agissait de mettre un frein à l'augmentation constante ces dernières années des dépenses dans ce domaine. Et Werner Hösli (UDC/GL) d'affirmer que cela répondait à une demande de la population. L'argent n'est pas toujours utilisé à bon escient, a ajouté Philipp Müller (PLR/AG).
En coupant 100 millions de plus, l'aide au développement aurait dû se passer de 243 millions en 2017, de 300,5 millions en 2018 et de 343,4 millions en 2019. Elle n'aurait plus dû assumer un quart mais un bon tiers du programme de stabilisation.
Et l'on s'éloignerait encore davantage de l'objectif visant à attribuer 0,5% du revenu national brut à l'aide au développement, a fait remarquer Jean-René Fournier (PDC/VS). Il n'est pas raisonnable de couper ainsi à la hache, a-t-il critiqué.
La Suisse devrait renoncer à l'ensemble des projets au Maghreb, au Moyen-orient et en Afghanistan, a rappelé Christian Levrat (PS/FR). On prend le risque d'anéantir des efforts faits pendant des années. Les populations les plus défavorisées du globe n'ont pas à faire les frais des générosités du Parlement à l'égard de l'agriculture ou de la recherche, a plaidé Jean-René Fournier.
Première étape
Le Conseil des Etats poursuit la discussion sur le programme d'économies pour les années 2017 à 2019. Le Conseil fédéral propose de raboter ces trois prochaines années entre 800 millions et un milliard de francs par an, par rapport au plan financier du 1er juillet 2015.
Cette cure d'austérité ne suffira pas à en empêcher d'autres, a prévenu le ministre des finances Ueli Maurer. Des déficits de l'ordre de 1,5 milliard sont attendus ces prochaines années. Le programme n'a été remis en cause que par la gauche.
Par 31 voix contre 13, les sénateurs ont refusé de renvoyer sa copie au gouvernement pour qu'il revoie ses plans à l'aune du franc fort, des taux d'intérêt négatifs et de la très forte volatilité de la situation économique internationale. Il s'agit davantage de limiter l'augmentation des dépenses que de procéder stricto sensu à des coupes, a fait valoir Thomas Hefti (PLR/GL).
Recherche et agriculture
Le Conseil des Etats doit encore trancher le sort de la recherche et de l'agriculture. Pour cette dernière, le gouvernement propose des économies allant de 75 à 96 millions par an. Mais certains sénateurs aimeraient réduire la douloureuse à une dizaine de millions.
La formation et le recherche figurent aussi parmi les domaines qui pourraient être relativement épargnés. Des coupes de 142 à 174 millions par an sont présentées par le gouvernement. Une proposition visant à réduire l'effort de moitié voire plus est sur la table.
Douanes
Le Conseil des Etats s'est à ce stade distancié sur un point du Conseil fédéral. Pas question d'opérer les fermetures de postes de douanes prévues. Cela risque entre autres de surcharger les routes d'accès à la Suisse.
Tenant compte des critiques des cantons frontaliers ainsi que des fortes réactions de l'Allemagne et de l'économie, le Conseil des Etats ont rejeté par 40 voix sans opposition des coupes de quelque 5,5 millions par an.