Jürg Stahl accède au perchoir de la Chambre du peuple après deux ans de vice-présidence. Il est aussi devenu, vendredi dernier, le numéro un du sport en Suisse, après son élection à la présidence de Swiss Olympic.
Il avait auparavant déclaré à l'ats que cumuler les deux présidences "serait une excellente possibilité d'encore mieux lier la politique et le sport". Assumer les deux mandats en même temps ne lui poserait pas de problème, avait-il assuré, en précisant qu'il ne devrait porter cette double casquette que pendant onze mois.
Orientation déterminante
Marié et père de famille, Jürg Stahl n'est de loin pas un inconnu dans le monde du sport. L'ancien athlète dirige le groupe parlementaire "Sport" depuis 2004. Il a fait son entrée dans le Comité exécutif de Swiss Olympic en 2008 et est membre de la Société du Sport-Toto depuis 2009.
Mais le Zurichois veut d'abord bien maîtriser son année de présidence du Conseil national. "J'ai connu 17 présidents et j'ai beaucoup appris", souligne-t-il.
Citoyen de Winterthour (ZH), Jürg Stahl a été élu au Conseil national en 1999. Aucun autre élu zurichois actuel ne siège depuis plus longtemps que lui. Il est pourtant moins connu du grand public que certains de ses collègues, ce qui l'a parfois dérangé.
"Je suis comme je suis, résistant et sincère avec moi-même", dit-il. Il se considère comme "plutôt libéral" sur les questions de société et "plutôt dur" sur les questions économiques.
"Pas un UDC typique"
La conseillère nationale socialiste Chantal Galladé estime que Jürg Stahl n'est "pas un UDC typique". Il n'est pas de ceux qui clament haut et fort leurs revendications. Son travail est sérieux et fiable, selon la Zurichoise, qui a grandi à Winterthour.
C'est aussi sur ces critères que ses collègues du groupe UDC se sont basés lors de sa nomination pour la présidence du Conseil national. Pour ce mandat, il faut que la personne désignée dispose d'un soutien solide, ce qui n'est pas toujours le cas, estime le futur président.
C'est aussi grâce à cette nomination que Jürg Stahl est encore au Conseil national. "Je ne suis pas sûr que je me serais représenté aux élections fédérales de 2015 si je n'avais pas été nommé candidat une année plus tôt", admet-il.
L'exemple d'Adolf Ogi
Le conseiller national se réjouit déjà de son année de présidence. Diriger correspond plus à son caractère que de donner des impulsions politiques. Le Zurichois dit être inspiré par l'exemple de l'ancien conseiller fédéral Adolf Ogi (UDC).
Sa première année au Conseil national était la dernière d'Adolf Ogi au Conseil fédéral. "Il a montré que la politique et le sport vont bien ensemble".
Jürg Stahl vit avec son épouse et sa fille âgée d'un an à Brütten (ZH), une commune voisine de Winterthour. Il a commencé sa carrière politique en 1994 avec son élection au parlement de Winterthour.
Il n'envisage toutefois pas de refaire de la politique locale, par exemple au sein de l'exécutif communal. Ce n'est pas une option, affirme-t-il.
Santé publique
En plus de son engagement dans le sport, Jürg Stahl est très actif dans le domaine de la santé au niveau fédéral. Depuis son élection à la Chambre du peuple, cet ancien droguiste est membre de la commission de la sécurité sociale et de la santé publique. Il en a été le président de 2007 à 2009.
Jürg Stahl a été "un des leaders dans le domaine de la santé", d'après l'actuel président de la commission Ignazio Cassis, chef du groupe PLR. Aujourd'hui encore, il intervient comme "un sage" lorsqu'une discussion devient confuse. "Avec ses connaissances, il apporte de la clarté dans un sujet".
Jürg Stahl a abandonné sa propre droguerie à Winterthour en 2004 pour devenir membre de la direction du Groupe Mutuel, le plus grand assureur santé de Suisse romande. Il a notamment été responsable de la création d'une représentation de l'assureur à Zurich.
C'est toujours là qu'il travaille aujourd'hui. Ses activités politiques n'ont jamais été influencées par ses intérêts professionnels, assure-t-il pour répondre à ceux qui lui reprochent des conflits d'intérêts. Il n'est pas membre du conseil d'administration du Groupe Mutuel, ajoute-t-il.