Les sénateurs ont refusé de revoir leur modèle qui vise à revaloriser les rentes AVS pour compenser la baisse de la rente du deuxième pilier. Il prévoit un bonus de 70 francs aux nouveaux rentiers et la hausse des rentes conjointes de 150 à 155% dans le premier pilier.
"Il serait préférable de compenser dans le même pilier, mais c'est plus coûteux et pas optimal pour les petits salaires", a remarqué Konrad Graber (PDC/LU), au nom de la commission. Cette mesure augmente les chances de succès de la révision en votation populaire.
Il faut aussi une solution qui soit facilement compréhensible par la majorité des gens et qui agisse sur les rentes AVS, car ce sont elles qui comptent le plus pour les gens, a estimé Erich Ettlin (PDC/OW).
De plus, ce modèle coûterait 24 millions de moins sur 13 ans que celui du Conseil national, selon un rapport fourni par l'administration.
L'udc et le PLR ont critiqué en vain le modèle de la Chambre des cantons, qui viserait à étendre indirectement l'AVS. "C'est la politique de l'arrosoir, et ça n'a pas passé au National", a relevé Karin Keller-Sutter (PLR/SG).
Alternatives écartées
La droite aurait voulu compenser une baisse des rentes LPP directement dans le deuxième pilier. La première variante, défendue par Karin Keller-Sutter (PLR/SG), propose de faciliter la retraite anticipée pour les revenus faibles et moyens, un point réclamé par la gauche. "Ma proposition soutient les petits salaires de manière ciblée. C'est un correctif social", a argumenté la sénatrice, sans succès.
La seconde, présentée par Alex Kuprecht (UDC/SZ), voulait compenser via deux mesures. Les personnes de plus 45 ans devraient bénéficier de mesures transitoires et la déduction de coordination devrait être abaissée à 17'625 francs afin d'intégrer le travail à temps partiel, qui touche en majorité des femmes.
Cette mesure augmente les cotisations, payées par les employeurs et les employés. "Cela permet d'épargner davantage, et d'avoir plus d'argent à la retraite. La baisse de la rente est ainsi totalement compensée", a défendu Alex Kuprecht.
"Avec ce modèle, la majorité des rentiers paiera, mais ne recevra rien", a critiqué Paul Rechsteiner (PS/SG). Et elle va durement toucher les PME, qui seront encore moins enclines à engager des travailleurs âgés de plus de 50 ans, a poursuivi Pirmin Bischof (PDC/SO).
Ce modèle coûtera 700 millions de plus par année par rapport à celui de la majorité, a rappelé le conseiller fédéral Alain Berset. Les sénateurs l'ont rejeté par 25 voix contre 18.
Soutien aux temps partiels
Finalement, le Conseil des Etats a accepté de faire un geste en direction des personnes qui travaillent à temps partiel et des petits salaires. "Il y a un besoin de rattrapage", a remarqué Pascale Bruderer (PS/AG). La déduction de coordination qui réduit le salaire assuré serait abaissée.
Les débats se poursuivent sur les mesures institutionnelles de l'AVS.