Le taux ordinaire de TVA est de 8%, le taux réduit, appliqué par exemple aux denrées alimentaires, est de 2,5%. L'hôtellerie quant à elle s'acquitte d'une TVA de 3,8%. Provisoire, ce taux spécial a déjà été prolongé cinq fois.
Ses partisans vont valoir les problèmes que doit affronter le tourisme et liés notamment au franc fort. Si l'hôtellerie suisse devait s'acquitter d'un taux normal de TVA, elle subirait une charge supplémentaire de 200 millions de francs, ce qui ne serait pas supportable. Elle risque de perdre encore plus de clients et de supprimer davantage d'emplois.
Combien de temps ?
Le Pbd, le PDC et l'UDC, tout comme 15 cantons, dont Berne, Fribourg, Genève, le Jura, Neuchâtel et le Valais, l'Union suisse des paysans, Gastrosuisse et Hotelleriesuisse veulent ancrer définitivement le taux spécial. La partie pourrait être serrée face à ceux qui ne souhaitent que procéder qu'à une nouvelle prologation, de dix ans.
Cette solution est présentée comme un compromis. Lors de la consultation, le PLR et les Vert'libéraux, adeptes d'un taux unique, avaient plaidé contre le taux spécial, estimant qu'il ne permettra pas de résoudre durablement les problèmes de l'hôtellerie.
A défaut d'être entendus, ils soutiennent une prolongation limitée à trois ans, jusqu'à fin 2020. Cette solution était aussi mise en avant par le PS, les syndicats et onze cantons, dont Vaud. Pour ces milieux, le taux spécial constitue un traitement privilégié qui doit être régulièrement réexaminé et rester sous surveillance politique.
Au sein de l'Union européenne, seuls le Danemark, la Grande-Bretagne et la Slovaquie n'accordent pas un taux de TVA réduit à l'hébergement. Les nuitées sont frappées à hauteur de 7% en Allemagne et en France, et de 10% en Autriche et en Italie.