Contrairement à ce que le gouvernement prétend, Melani n'est pas un centre de compétence fédéral pour la cybersécurité, estime l'auteur du texte Joachim Eder (ZG). Son rôle actuel est avant tout préventif. Or cela ne suffit pas, car les risques dans le domaine augmentent constamment. Le Conseil fédéral reconnaît lui-même le problème, renchérit Géraldine Savary (PS/VD).
Le motionnaire signale "trois gros déficits" dans la cybersécurité: il y a trop de coordinateurs et pas assez d'experts en la matière, la Confédération laisse trop de place à l'improvisation et n'a pas de "visage" en matière de cybersécurité.
Abondant dans ce sens, Claude Hêche (PS/JU) pointe du doigt le mandat limité de la centrale - qui n'est pas habilitée à donner des instructions aux offices - et ses compétences trop diluées. Cette dispersion empêche la mise en oeuvre de projets, car les départements se renvoient la balle.
Le but n'est pas de créer un doublon, mais d'intégrer Melani dans la nouvelle structure, selon le Jurassien. Mettre sur pied un centre de compétence fédéral permettrait à la Suisse de devenir une référence en matière de cybersécurité, ajoute Mme Savary.
Inclure tous les départements
Le Conseil fédéral partage les soucis du plénum, mais s'oppose au texte, estimant que Melani poursuit les mêmes objectifs. La centrale fonctionne bien au quotidien et les collaborations avec les hautes écoles sont bonnes, a répondu le ministre des finances Ueli Maurer. En comparaison internationale, la Suisse peut se targuer d'avoir une cybersécurité de qualité.
La motion demande que le centre de compétence inclue tous les départements et soit habilité à donner des instructions. Ainsi, les représentants de l'Etat, les milieux académiques, les entreprises et infrastructures sensibles pourront contribuer à la mise en oeuvre des mesures et projets.