Le Conseil fédéral fait le point tous les cinq à six ans sur les enjeux sécuritaires. Le ministre de la défense Guy Parmelin, en présentant son rapport devant la presse en août dernier, s'était déjà demandé s'il ne fallait pas changer de pratique au profit de documents à plus court terme, plus concis et plus prospectifs.
Le Conseil des Etats, qui doit désormais se pencher sur la motion, a aussi appelé de ses voeux une telle évolution. La question de faire du rapport un document du DDPS, dans lequel les points de vue divergents d'autres départements seraient présentés séparément, est controversée. Selon le Conseil fédéral, ce serait une entorse à la collégialité.
Ces rapports contiennent des analyses et des orientations stratégiques fixées par le gouvernement et non par un département en particulier. Le DDPS les élabore, mais les autres dicastères ainsi que les cantons sont associés aux travaux. La politique de sécurité ne se résume pas à la défense. Elle englobe aussi la politique étrangère, la politique économique, la police et les douanes.
Rapport à améliorer
En attendant, le National a pris acte du rapport 2016. Le Conseil fédéral y constate que la situation s'est clairement détériorée depuis 2010: relations Est-Ouest, terrorisme, cybermenace, combinaison des risques. Des voix regrettent que certains points n'aient pas fait l'objet d'un examen plus approfondi.
Chaque formation y est allée de son credo. Tout le monde sait que c'est par les flux de réfugiés que le terrorisme peut s'installer en Europe, a ainsi lancé Adrian Amstutz (UDC/BE). Et d'affirmer qu'on ne parle plus assez d'armée et de défense dans un rapport qui n'est plus qu'un "birchermüesli" dans lequel chaque département apporte ses ingrédients.
Ce type de document n'est pas un bon instrument, car il est trop long et trop académique, a quant à lui estimé Marcel Dobler (PLR/SG). Son rythme de parution n'est pas assez rapide au vu de l'évolution de la situation internationale. Une publication tous les deux ans permettrait de pallier ce problème, a affirmé Jakob Büchler (PDC/SG).
Pas uniquement l'armée
On ne peut pas se concentrer uniquement sur l'armée, a répliqué Pierre-Alain Fridez (PS/JU). Un conflit traditionnel n'est pas la plus grande menace pour la Suisse. Pour répondre aux défis réels, il faut augmenter le nombre de policiers et de gardes-frontière et consolider l'aide au développement et la promotion de la paix.
Le principal problème auquel sera confrontée l'humanité est la crise climatique, a enchaîné Balthasar Glättli (Verts/ZH). Selon Beat Flach (PVL/AG), le rapport ne se penche pas assez sur les conséquences d'épidémies comme le virus Zika et sur les dangers de la robotisation des armées.