La Chambre du peuple a approuvé un crédit d’engagement de 12,75 millions. Cette somme ne comprend ni le coût des travaux préparatoires déjà inscrits au budget 2017 (540'000 francs), ni les charges de personnel liées au projet (1,7 million à partir de 2018). Le crédit d’engagement comporte une réserve de 150'000 francs.
Conséquence des mesures d'économie prises par la Confédération, le budget est bien moins important que celui dédié à l'Expo de Milan en 2015. Le montant s'élevait à 24 millions de francs. Pour Dubaï, la part des sponsors a été augmentée d'un tiers: ils prendront en charge la moitié du budget (7,5 millions).
"Belles Vues"
Le projet pour le pavillon suisse s'intitule "Belles Vues". Il permettra aux visiteurs de se promener dans le pavillon comme lors d'une randonnée, durant laquelle ils découvriront la Suisse, ses produits et ses innovations pour répondre aux problèmes du futur en lien avec la mobilité ou l'écologie.
L'exposition aura lieu du 20 octobre 2020 au 10 avril 2021 dans la plus grande ville des Emirats arabes unis. Le thème général "Connecter les esprits, construire le futur" sera décliné en trois sous-thèmes: la mobilité, les opportunités et la durabilité. Les organisateurs attendent 182 pays participants et quelque 25 millions de visiteurs, dont 70% venus de l'étranger.
Compte tenu de l'importance économique et du poids géopolitique de la région, la Suisse se doit d'être présente, estime le Conseil fédéral. Bon nombre de sociétés suisses sont en outre établies à Dubaï. Les Emirats arabes unis sont le premier partenaire commercial de la Suisse dans le Golfe, et le quinzième au niveau mondial.
Doutes
Plusieurs orateurs UDC ont émis des doutes sur le financement de l'opération ainsi que sur la nécessité de participer à ce genre d'évènements. De côté de la gauche, c'est la situation des droits de l'homme aux Emirats arabes unis ainsi que l'impact écologique d'une telle manifestation qui ont suscité des critiques.
Des interrogations ont aussi été soulevées sur les tensions et conflits dans la région, notamment en rapport avec le Qatar et le Yémen. La Suisse pourra toutefois se présenter en tant que force de médiation et de dialogue, a souligné Fathi Derder (PLR/VD) au nom de la commission.
Et si la menace sécuritaire devenait trop forte, elle pourrait renoncer à sa participation. Des garanties sont prévues, a expliqué le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter. Il s'agit de la première exposition universelle dans un pays arabe et musulman, a-t-il rappelé.
"Nous devons marquer notre intérêt pour cette région." La Suisse pourra en outre continuer sa politique des bons offices et défendre sa politique de promotion de la paix et des droits de l'homme. Des clauses concernant l'impact écologique et les conditions de travail sont par ailleurs prévues, a poursuivi le conseiller fédéral.