Dominique de Buman, 61 ans, a accédé au perchoir du Conseil national par 160 voix sur 179 bulletins valables. Le nouveau président succède à l'UDC zurichois Jürg Stahl. Il est le cinquième Fribourgeois après Thérèse Meyer en 2005 à présider le Conseil national. En tant que PDC, il succède au Lucernois Ruedi Lustenberger, qui avait accédé à cette fonction en 2014.
Dominique de Buman sera secondé durant sa présidence par la socialiste tessinoise Marina Carobbio, élue première vice-présidente par 154 voix sur 179 bulletins valables. La radicale vaudoise Isabelle Moret est devenue vice-présidente par 145 voix sur 163 valables.
Plaidoyer pour la cohésion
Dans son discours, Dominique de Buman a plaidé pour la cohésion nationale, la paix, la démocratie et l'Etat de droit. Face aux questions migratoires, au développement des technologies, à la protection de l'environnement ou les menaces terroristes, "ne cédons pas au réflexe du hérisson, relevons le défi de l’avenir car à défaut, il y a fort à craindre que d’autres décident à la place des Suisses", a-t-il affirmé.
Le juriste de profession a entamé sa carrière politique à l'âge de 30 ans, en 1986, au Conseil communal de Fribourg ainsi qu'au Grand Conseil fribourgeois. Il a été syndic de la ville de Fribourg dès 1994, pour 10 ans. Le Fribourgeois est entré au Conseil national en 2003. Il a été vice-président du PDC suisse de 2004 à 2016.
Dominique de Buman affiche un profil modéré issu de l'aile sociale du parti. Il se trouve parfois en porte-à-faux avec l'aile droite incarnée par l'actuel président Gerhard Pfister.
Quatrième femme
Karin Keller-Sutter est la 11e représentante de St-Gall à présider la Chambre des cantons, mais surtout la quatrième femme à cette position, ce qu'elle relevé d'emblée dans son discours. Avant elle, la fonction a été occupée par la démocrate-chrétienne lucernoise Josi Meier en 1992, la radicale genevoise Françoise Saudan en 2001, puis Erika Forster en 2010, libérale-radicale et saint-galloise comme elle.
Dans son discours, la nouvelle présidente du Conseil des Etats s'est aussi exprimée sur les dossiers importants de la législature, dont la politique européenne de la Suisse. La Suisse a intérêt à ce que sa relation avec l'UE soit stable et sûre, mais la conclusion d'un accord institutionnel n'est pas urgente, selon elle.
L'élection du bureau du Conseil des Etats s'est poursuivie avec Jean-René Fournier (PDC/VS), qui est devenu premier vice-président par 43 voix sur 44. Géraldine Savary (PS/VD) a été élue seconde vice-présidente par 41 voix sur 43 valables. "C'est la première fois que la présidence du Conseil des Etats compte deux femmes", a relevé Karin Keller-Sutter. Alex Kuprecht (UDC/SZ) et Thomas Hefti (PLR/ZH) deviennent respectivement scrutateur et scrutateur suppléant.
Carrière
Avant de faire son entrée au Conseil des Etats en décembre 2011, la Saint-Galloise a été membre de l'exécutif communal de Wil, députée au Grand Conseil, présidente du PLR cantonale et conseillère d'Etat. Elle a failli devenir conseillère fédérale en 2010, mais elle a été battue par Johann Schneider-Ammann, à qui elle pourrait toutefois succéder.
Traductrice et interprète de conférence au français parfait, politologue, enseignante à l'école des métiers, Karin Keller-Sutter se situe à l'aile droite du PLR. Elle s'est fait connaître par sa poigne dans le domaine migratoire en tant que ministre et présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police. A Berne, elle est régulièrement intervenue lors de la réforme de la prévoyance vieillesse.