(ats) Le Conseil des Etats ne veut pas pour l'instant d'une ambassade suisse en Erythrée. Il a corrigé lundi une motion du Conseil national en ce sens. Le Conseil fédéral devrait en revanche renforcer la présence diplomatique dans le pays.

Le Conseil des Etats a décidé par 27 voix contre 16 de modifier une motion du groupe UDC qui avait largement passé le cap du National en juin. Estimant que le texte demandant l'ouverture immédiate d'une ambassade à Asmara va trop loin, les sénateurs ont reformulé la motion qui demande désormais au Conseil fédéral de renforcer la présence de la Suisse en Erythrée.

Le texte retourne au Conseil national.

Cette solution permettra d'intensifier le dialogue avec les autorités érythréennes sans pour autant être inactifs, a expliqué Christian Levrat (PS/FR), rapporteur de la commission. La Suisse continuera à poursuivre sa stratégie actuelle.

Coût financier

L'indépendant schaffhousois Thomas Minder, Hannes Germann (UDC/SH) et Philipp Müller (PLR/AG) ont défendu l'ouverture immédiate d'une représentation à Asmara. Pour eux, celle-ci se justifie par l'importante population érythréenne en Suisse. Il est urgent d'agir, a dit Thomas Minder. Leur présence a un coût financier pour les cantons et les communes.

Le but est d'empêcher les Erythréens de quitter leur pays. En étant sur place, la Suisse pourra juger par elle-même de la situation. Une présence à Asmara permettra aussi d'entamer les négociations pour un accord de réadmission des réfugiés, selon les partisans de la motion.

Pas de lien

Il n'y a pas de causalité directe entre l'ouverture d'une ambassade et la pression migratoire sur les Erythréens, a estimé M. Levrat. Ce n'est pas cela qui fera baisser le nombre de demandeurs d'asile ni faire des économies, selon lui.

L'ouverture d'une ambassade est du ressort du gouvernement. C'est à lui de déterminer ses besoins, a ajouté le socialiste fribourgeois. Actuellement, l'Erythrée est rattachée à l'ambassade de Khartoum, au Soudan.

Les contacts diplomatiques avec le pays doivent être intensifiés et les flux migratoires doivent être mieux gérés, a reconnu le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis. L'immigration érythréenne en Suisse a diminué de deux tiers sans que l'on ait une ambassade. Celle-ci n'apportera pas plus que la stratégie actuelle, a expliqué M. Cassis.

Visite pas exclue

Invité par Thomas Minder à se rendre en Erythrée, contrairement à Didier Burkhalter, le nouveau conseiller fédéral n'a pas exclu une visite. Mais si son prédécesseur ne s'est pas rendu dans le pays, c'est certainement qu'il avait de bonnes raisons, a estimé le Tessinois.

Dans la foulée, le Conseil des Etats a approuvé sans opposition une motion de Manuel Tornare (PS/GE) pour mieux soutenir les efforts des Nations unies pour améliorer la situation en Erythrée.