Pour le Tessinois, la mission du Cgfr est le contrôle des frontières et l'enregistrement des migrants. Or, le Corps s'occupe toujours plus d'activités qui sortent de son mandat, comme la surveillance d'infrastructures d'accueil et le transport de migrants.
Le phénomène s'est accentué en 2016, en raison de la crise migratoire, notamment à la frontière sud du pays. Alors que les effectifs suffisent à peine pour remplir sa mission principale, le Corps doit être dispensé des tâches pour lesquelles il n'a pas été formé.
Celles-ci pourraient être confiées à des tiers, comme à la police militaire. Car le Corps des gardes-frontière ne sera pas renforcé. Le Conseil fédéral a récemment refusé une augmentation des effectifs dans le cadre du budget 2018.
Le conseiller fédéral Ueli Maurer, favorable à la proposition, a répété que différents scénarios étaient étudiés en cas d'engagement de l'armée. Pour l'année en cours, le Corps des gardes-frontière a déjà pu être déchargé des tâches logistiques en raison d'un afflux de migrants nettement réduit.
Le National avait adopté la motion par 148 voix contre 22.
Douane de Chiasso-Brogeda
Dans le domaine des frontières, le Conseil des Etats a également transmis par 29 voix contre 12 une motion du National pour améliorer la gestion du trafic à la douane de Chiasso-Brogeda. Le texte exige la mise en place du système Transito. Le chauffeur reste dans sa cabine et le passage des camions en est ainsi accéléré.
Claude Janiak (PS/BL) a objecté que le trafic poids lourds à Chiasso-Brogeda ne cesse de diminuer depuis quelques années. Avec la numérisation des douanes, dans laquelle la Confédération investit 300 millions, Transito devrait rapidement être obsolète, a complété Anita Fetz (PS/BS).
Ce qui n'a pas manqué de faire bondir Filippo Lombardi (PDC/TI), qui a rappelé que le système introduit à la douane de Bâle/Weil am Rhein-Autobahn a permis de réduire considérablement les embouteillages. Le Tessin y a aussi droit.
Le ministre des finances Ueli Maurer s'est montré compréhensif envers le Tessin, canton de transit. Il jugeait cependant peu adaptée l'idée de Transito qui pourrait réveiller de faux espoirs.
La Confédération avait étudié un projet de Transito à Chiasso avec l'Italie. Mais il impliquait des coûts substantiels que l'Italie n'était pas disposée à avancer.
Le Conseil national avait accepté la motion par 137 voix contre 52.