(ats) Berne ne doit pas attendre l'aval du canton et de la commune concernée pour financer un centre fédéral d'asile. Par 114 voix contre 73, le National a refusé mercredi d'inscrire cette disposition dans l'enveloppe 2017 pour les constructions civiles. Le dossier retourne au Conseil des Etats.

La Confédération devrait pouvoir investir 642,3 millions de francs, dont 238,3 millions au profit de centres fédéraux. Les deux Chambres fédérales ont déjà donné leur aval à ces montants.

Mardi, le Conseil des Etats a précisé, dans le volet asile, que les crédits ne pouvaient être alloués que si le projet a été approuvé par le canton et la commune. La proposition émanait de Peter Föhn (UDC/SZ), qui faisait référence à la controverse concernant le centre de départ prévu dans son canton. Il y a un litige à Seewen (SZ). La commune est favorable à un projet contre l'avis du canton.

L'udc s'est retrouvée quasiment seule à soutenir cette disposition au National. Il faut respecter la structure fédéraliste si l'on veut avoir l'appui de la population, a plaidé le Schwyzois Pirmin Schwander. La nouvelle disposition est contraire à la loi sur l'asile. Nous ne sommes pas dans une république bananière, a répliqué Daniel Brélaz (Verts/VD).

L'ajout voté par les sénateurs va créer une insécurité juridique. Cela reviendrait à introduire un droit de veto et pourrait saboter la mise en oeuvre de la procédure accélérée dans l'asile, a critiqué Thomas Weibel (PVL/ZH).

Les inquiétudes dans les cantons et communes doivent être prises au sérieux. Mais l'enveloppe 2017 pour les constructions civiles n'est pas le lieu pour régler ce problème, a ajouté le ministre des finances Ueli Maurer.