Même la ministre de la justice Simonetta Sommaruga ne s'y est pas trompée, soulignant le rôle de la conseillère nationale vaudoise: "C'est un grand jour pour une Seconda qui s'est engagée de manière infatigable pour les jeunes depuis 2008. Ada Marra n'a jamais cessé de croire aux chances de son projet", a salué la conseillère fédérale socialiste.
Sur twitter, les hommages se sont multipliés, en particulier dans son camp socialiste, mais aussi dans les autres partis, à l'image de la PDC zurichoise Barbara Schmid-Federer.
Sur le plateau de la RTS, Ada Marra n'a pas caché sa joie et sa surprise, soulignant qu'elle avait préparé une intervention selon le scénario d'un refus par les cantons. "Je suis extrêmement heureuse pour ce score extraordinaire. Je pense aux étrangers qui ont eux aussi construit ce pays".
"Un visage des naturalisés"
Le politologue Georg Lutz a confié à l'ats que l'engagement personnel et émotionnel d'Ada Marra a permis de faire avancer le projet. "Elle a donné un visage aux immigrés naturalisés, les gens ont apprécié".
Reste qu'au fil des ans, la réforme a été édulcorée et vidée de ses éléments "problématiques", relève encore Georg Lutz. "La réforme acceptée est somme toute assez modérée, en particulier avec l'absence de l'aspect de l'automatisme".
Ada Marra est née en 1973 à Paudex, dans le canton de Vaud, de parents originaires des Pouilles (sud de l'Italie) ayant immigré en Suisse dans les années 1960. Elle a obtenu le passeport suisse en 1996, tout en conservant son passeport italien. La même année, elle décroche une licence en sciences politiques à l'Université de Lausanne. Son parcours politique la mène notamment au Grand Conseil vaudois puis, en 2007, au Conseil national.
C'est l'année suivante qu'elle dépose son initiative parlementaire intitulée "Pour que la Suisse reconnaisse ses enfants", inscrite huit ans plus tard dans la Constitution par la volonté du peuple et des cantons suisses. La migration est l'un de ses chevaux de bataille: "Sur les thèmes touchant la migration, ma ligne a toujours été la même: les enfants ne sont jamais responsables de l'histoire migratoire de leurs parents", déclare-t-elle dans un portrait publié le 27 janvier dernier dans le journal "Le Temps".