(ats) Les candidats au Conseil fédéral ne devront pas se soumettre à une audition publique communes à tous les partis avant leur élection. Le National a rejeté mercredi par 148 votre contre 48 une motion de Lukas Reimann (UDC/SG) en ce sens.

Le motionnaire voulait en finir avec les auditions que chaque groupe organise de son côté derrière des portes closes. Selon lui, l'opacité et le caractère non public de ces auditions ne sont plus appropriés. De plus, ils favorisent la dissimulation et ne permettent pas de se faire une image objective des candidats.

Après l'élection d'Ignazio Cassis (PLR/TI), des parlementaires de tous les partis ont eu l'impression que les candidats font tout pour plaire au groupe qui le questionne, a soutenu M.Reimann. Une audition publique et commune à tous les partis liera davantage les futurs conseillers fédéraux aux promesses faites avant leur élection.

Les jeux tactiques et la nomination de candidats non officiels ne seront plus possibles. Finis les arrangements ou accords secrets entre un candidat et la direction d'un parti.

Peu efficace

Le Bureau du National soutenait à l'unanimité le rejet du texte pour des raisons pratiques comme de fond. Une seule audition publique serait peu efficace car les groupes parlementaires organiseraient sûrement des auditions internes en plus, pour avoir plus de temps et car ils préféreront que certaines questions ne soient pas portées sur la place publique, a expliqué Edith Graf (PS/TG).

En cas de départ de plusieurs conseillers fédéraux, il se pourrait que jusqu'à neuf personnes doivent être interrogées en détail. Le programme de l'audition serait difficile à gérer, ce moment s'apparenterait en outre à un événement de campagne électorale dont les groupes se serviraient aussi pour se profiler.

Cela n'empêcherait pas l'Assemblée fédérale d'élire un candidat non officiel qui n'aurait pas été auditionné au préalable. Il restera compliqué de savoir si un conseiller fédéral tient ses promesses car les séances du Conseil fédéral sont confidentielles et les élus doivent se montrer collégiaux.

Le Bureau met donc en doute la plus-value de ces auditions. Selon lui, l'objectif d'une plus grande transparence pourrait en revanche être atteint si les groupes procédaient de leur côté à des auditions publiques.