Depuis sa réapparition en Suisse en 1995, puis la formation des premières meutes en 2012, le loup tue près de 160 animaux de rente par an en moyenne, surtout des moutons. Le débat agite la Berne fédérale depuis des années. La législation le protégeant a déjà été adaptée.
Mais le Parlement n'a eu de cesse de faire pression pour durcir le ton. Le Conseil fédéral a d'ores et déjà annoncé qu'il allait demander la déclassification de loup de "strictement protégé" à "protégé" dans le cadre de la Convention de Berne. Cette procédure devrait être menée devant le Conseil de l'Europe.
Régulations
Parallèlement, le gouvernement a remis au Parlement une révision de la loi sur la chasse. Sans remettre en cause le statut du loup, celle-ci vise à ce que les espèces protégées soient plus facilement régulées si elles représentent un risque de dégâts ou de danger concret pour l’homme.
La loi fait explicitement état de régulations et non plus seulement du tir d'animaux isolés. Les cantons ne seront plus obligés de prouver un dommage concret. Moyennant une consultation de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), ils pourront prendre les devants.
Une partie de la droite ne se satisfait pas du concept présenté par le Conseil fédéral et renforcé en commission préparatoire. Elle propose entre autres d'empêcher les recours contre les décisions cantonales portant sur les espèces pouvant être chassées.
Référendum en vue
Pour les associations de défense de l'environnement et de protection des animaux, la coupe est pleine. Elles promettent déjà un référendum contre une projet qualifié de "loi d'abattage". En attendant, elles misent sur le camp rose-vert qui va proposer devant le Conseil des Etats de faire la part plus belle à la protection.
Le débat ne porte pas que sur le loup. Il est aussi question de la régulation des effectifs de bouquetins, de lynx et de castors. La révision de loi devrait aussi permettre d'abattre des ours solitaires qui ont perdu leur crainte naturelle et qui pénètrent de manière répétée dans les villages à la recherche de nourriture, malgré des mesures de dissuasion.