(ats) Le gouvernement bernois devra à nouveau se pencher sur le projet alternatif de contournement autoroutier Ouest de Bienne. Le Grand Conseil a adopté mercredi par 144 voix contre 1 une motion interpartis exigeant qu'il étudie sérieusement cette variante présentée par le comité citoyen "Axe ouest: pas comme ça".

Contrairement au projet officiel adopté par le Conseil fédéral, le modèle proposé par ce collectif estime que l'on peut réaliser le contournement Ouest en renonçant à la construction des deux jonctions à ciel ouvert au centre-ville. Ce tracé alternatif prévoit la construction d'un tunnel longeant la gare et le lac.

Dans sa réponse à une précédente motion, le gouvernement avait écarté ce modèle sans véritablement donner de raisons. Il estimait que cette proposition alternative était en principe réalisable, mais qu'elle désengorgerait moins bien les quartiers que le projet officiel. Il avait refusé de procéder à une étude détaillée.

Cette prise de position du gouvernement a suscité l'incompréhension des élus qui n'ont pas manqué de le lui faire savoir mercredi. Ils ont qualifié sa réponse d'insuffisante, de superficielle et de bâclée qualifiant même son attitude d'arrogante.

Avec les communes concernées par ce tracé et l'Office fédéral des routes (OFROU), le canton de Berne devra donc réaliser une étude comparative entre les deux projets. Il s'agira notamment de voir si le projet alternatif coûterait effectivement mois cher et s'il ne porterait pratiquement pas d'atteinte au paysage.

Fronde contre le projet

A Bienne, la mobilisation contre le projet officiel de contournement Ouest ne cesse de gagner de l'ampleur. "Je n'ai jamais senti un tel sentiment d'incompréhension face à un projet urbain d'envergure", a déclaré à la tribune le socialiste biennois Mohamed Hamdaoui.

L'ouverture des 2,3 km du contournement Ouest n'est pas prévue avant 2035. Les coûts du tracé officiel adopté par l'OFROU sont budgétisés à quelque 2,2 milliards de francs. Presque entièrement souterrain, ce contournement doit délester les quartiers d'habitation du trafic d'agglomération.